Une responsable du PSE demande à penser à l’employabilité des jeunes dès le collège
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Une responsable du PSE demande à penser à l’employabilité des jeunes dès le collège

Thiès, 28 avr (APS) - Le système éducatif sénégalais doit être repensé, afin de préparer très tôt les jeunes à l’employabilité, au terme de leur cursus, a indiqué, samedi, le chef du projet Alignement de l’offre de formation de l’enseignement sur les besoins économiques au Plan Sénégal émergent (PSE), Aminata Sall Diallo.
 


"Le système éducatif doit être vraiment repensé. C’est déjà au lycée et au collège qu’il faut penser à l’employabilité des jeunes", a estimé Mme Diallo.

Le cycle secondaire est, à son avis, "une voie de passage importante devant permettre aux jeunes d’acquérir des compétences propres" qu’il pourra utiliser sur le marché du travail.


Aminata Sall Diallo animait une conférence sur le thème : "Promotion de l’enseignement scientifique et technique pour accroître l’employabilité des jeunes et accélérer la capture du dividende démographique au Sénégal : état des lieux et perspectives".


Inscrite dans le cadre du 2-ème symposium de la Société des amis de l’Académie nationale des sciences et techniques (SA-ANSTS) à l’auditorium de l’université de Thiès, cette rencontre regroupait de grandes personnalités du monde scientifique et universitaire, ainsi que des chefs des étudiants et lycéens. 

Selon Mme Diallo, également conseillère technique du ministre de l’Enseignement supérieur, chargée de la recherche et de la coopération et la coordinatrice du Programme sénégalais pour l’entreprenariat des jeunes (PSEJ), "l’employabilité est capacité à être opérationnel rapidement sur le marche de l’emploi et à répondre aux besoins des entreprises".

"Elle (employabilité) nécessite des compétences techniques et professionnelles, pour exécuter des tâches précises, mais aussi des qualités personnelles, telles que l’honnêteté, la fiabilité, la ponctualité et la loyauté" a poursuivi la conférencière, par ailleurs professeur à la Faculté de Médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Pour elle, "vu les investissements énormes que l’Etat du Sénégal a consentis dans son système éducatif, - 400 milliards les cinq dernières années -, il est essentiel de faire sorte qu’il ne produise pas de chômeurs".

Pour ce faire, a fait noter Mme Diallo, notre système éducatif doit s’adapter aux changements dans le monde qui est passé "d’une économie de rente à une économie du savoir".

Sinon, "dans un contexte de forte démographie, les autorités risquent d’être rattrapées par l’arrivée de nouveaux chômeurs sur le marché du travail, avec les conséquences fâcheuses et la menace que cela représente", a-t-elle averti.

Aminata Sall Diallo a rappelé que "le taux de chômage est de 15% chez la tranche d’âge allant jusqu’à 29 ans et de 18% chez les femmes". Relevant cette dispersion des actions d’éducation et de formation, Mme Diallo estime que les ministères en charge de l’Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle et de l’Education "doivent agir dans une stratégie cohérente, afin d’impacter sur l’employabilité".

Elle a souligné l’importance d’"examiner et de renouveler les missions et les visions des établissements d’enseignement supérieur" afin de mettre l’accent sur les sciences, la technologie et l’innovation.

Aminata Sall Diallo est également membre de l’Académie des sciences et techniques du Sénégal, une société reconnue d’utilité publique qui joue un rôle de conseil à l’Etat, en menant des études consignées dans des rapports pour éclairer la prise de décision. 


ADI/PON