Mary Teuw Niane préfère parler de ’’mobilité’’ et non de ‘’fuite des cerveaux’’
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SENEGAL-EDUCATION-MOBILITE

Mary Teuw Niane préfère parler de ’’mobilité’’ et non de ‘’fuite des cerveaux’’

Thiès, 29 juil (APS) - Le ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mary Teuw Niane, a fait part, samedi, de sa désapprobation du concept de ‘’fuite des cerveaux’’, dont il se démarque, préférant plutôt parler d’une ‘’mobilité des cerveaux’’, qui d’après lui, a caractérisé le monde du savoir depuis l’Antiquité.
 
‘’Vous ne m’entendrez jamais parler de fuite des cerveaux, ce n’est pas mon concept’’, a dit Mary Teuw Niane, interrogé sur l’existence d’éventuelles mesures, pour éviter une fuite des cerveaux. ‘’Moi, mon concept, c’est la mobilité des cerveaux’’, a-t-il dit.
 
Il intervenait au terme de la cérémonie de sortie de la 41-ème promotion de l’Ecole polytechnique de Thiès, forte de 64 ingénieurs en génie civil, aéronautique, électronique et télécommunications et électromécanique.
 
‘’La fuite des cerveaux, ceux qui l’utilisent ne connaissent pas l’histoire du mouvement des savants dans le monde depuis l’Antiquité’’, a-t-il poursuivi.
 
Citant les écrits de l’égyptologue sénégalais Cheikh Anta Diop, M. Niane a noté que ‘’les Grecs venaient en Egypte parce qu’(‘elle) était le centre du monde dans le domaine de la connaissance’’.
 
 Au siècle des Lumières, les gens venaient où ? En France, parce qu’ (elle) était le centre du monde’’, a-t-il ajouté, avant d’indiquer qu’à un moment de l’histoire ce centre s’était déplacé à Saint-Petersbourg.
 
‘’ Aujourd’hui, de plus en plus les gens vont aux Etats-Unis, mais aussi vers la Chine’’, a-t-il argumenté, estimant que ‘’les cerveaux les plus productifs et les plus innovants vont dans les endroits où on leur offre les meilleures conditions’’. Lesquelles conditions ‘’ne sont d’ailleurs pas souvent des conditions matérielles’’, mais des ‘’conditions d’épanouissement et de production’’.
 
‘’Nous avons des besoins à satisfaire, mais aussi nous sommes dans le monde’’, a-t-il souligné.
 
Pour lui, le fait que des jeunes diplômés sénégalais aillent à l’étranger pour travailler dans des industries qui n’existent pas au Sénégal, est ‘’une opportunité pour notre pays, (pour que) demain quand nous aurons besoin de développer ces industries chez nous, ils viennent avec une expérience’’.
 
Il a donné l’exemple du directeur de l’Institut national du pétrole et du gaz (INPG) créé par le Président Macky Sall, suite à la découverte de pétrole au Sénégal. Cet homme était le directeur d’un centre de formation dans ce domaine au Moyen-Orient, a-t-il fait valoir, non sans relever que ‘’s’il n’était pas là-bas, ce serait difficile’’ pour lui d’occuper un tel poste dans son pays.
 
‘’On a beaucoup d’ingénieurs sénégalais qui, aujourd’hui nous reviennent. Dans les entreprises du pétrole et du gaz, c’est la même chose’’.
 
A la rentrée prochaine, un master interuniversitaire en intelligence artificielle, en big data, cybersécurité, simulation numérique, etc. sera mis en place, a-t-il annoncé, ajoutant que ‘’de partout, des Sénégalais nous apparaissent, enseignant dans des universités, (ou travaillant dans) des industries qui souhaitent participer’’ à ce projet.
 
Certains d’entre eux veulent si des postes sont créés, venir travailler au Sénégal, a-t-il indiqué, avant de marteler : ‘’il ne faut pas avoir peur de la mobilité des cerveaux, d’autant plus qu’il ne faut jamais oublier que la réforme de l’enseignement supérieur veut créer des conditions pour attirer les cerveaux des plus brillants’’.
 
La loi sénégalaise relative aux universités, adoptée par l’Assemblée nationale en 2015, supprimait le critère de la nationalité dans le recrutement des enseignants chercheurs au niveau des universités, a-t-il dit.

ADI/ASG