Les jeunes demandent leur implication dans la gestion des financements
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MONDE-SENEGAL-EDUCATION

Les jeunes demandent leur implication dans la gestion des financements

Diamniadio, 2 fév (APS) - Des représentants de jeunes leaders africains ont demandé que cette catégorie de la population soit davantage impliquée dans la gestion des ressources financières mises à la disposition des gouvernants, dans une déclaration lue vendredi à l’ouverture de la 3e conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE, en anglais).

"Nous ne sommes pas seulement des bénéficiaires du système éducatif, nous sommes également des partenaires qui doivent être impliqués dans la prise de décision", a dit Edith Mazidath, au nom des jeunes leaders conviés à ce sommet ouvert le même jour au Centre international de conférences Abdou-Diouf, à Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar. 
 
Dans une déclaration lue devant le millier de délégués venus de près de 89 pays, les jeunes demandent à être consultés sur l’orientation des financements mis à la disposition des pays africains par le Partenariat mondial pour l’éducation. 
 
Ils estiment, par la voix de leur porte-parole du jour, que "les systèmes éducatifs doivent comprendre des mécanismes de participation des jeunes".
 
Aussi ont-ils exhorté les gouvernements "à tous les niveaux" à inclure les jeunes dans la prise de décision concernant les stratégies et les budgets nationaux de l’éducation, y compris dans l’établissement de comités consultatifs interministériels de jeunes pour les décisions budgétaires.
 
De cette manière, ils veulent amener les bailleurs à veiller que les jeunes soient consultés par les dirigeants des pays en développement.
 
Ils disent compter sur le Partenariat mondial pour l’éducation, Plan International, l’UNICEF et d’autres organisations internationales pour amplifier la voix des coalitions de jeunes par le plaidoyer et le financement.
 
"Nous recommandons aux gouvernements d’investir dans des formations d’enseignant et des pédagogies qui auront un effet transformateur en matière d’égalité des sexes, notamment en incluant une éducation sexuelle complète dans les programmes scolaires", ont-ils préconisé.
 
Les jeunes ont également exhorté le secteur privé à investir dans les formations technologiques et professionnelles spécifiquement destinées aux filles et aux jeunes femmes, afin de contribuer à développer leurs compétences.
 
"Dans un monde où près de la moitié de la population a moins de 25 ans, nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas investir dans l’éducation", a soutenu l’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies pour la jeunesse, Yayathma Wickramanayake.
 
De son point de vue, la participation des jeunes "est essentielle pour réaliser le droit à l’éducation pour tous et doit être pris au sérieux", d’autant que "les faits montrent qu’il y a des gains et des améliorations significatifs lorsque les jeunes s’engagent avec d’autres parties prenantes pour améliorer la qualité de l’éducation et la responsabilité de ses résultats".
 
La 3e conférence de reconstitution des ressources du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE) vise notamment à mobiliser près de 1500 milliards de francs CFA pour la période 2018-2020.
 
Ce financement est destiné à soutenir l’éducation de 870 millions d’enfants dans 89 pays en développement, dans lesquels vivent 78% des enfants non scolarisés dans le monde, selon l’Organisation des Nations unies.
 
Le président français Emmanuel Macron, en visite officielle au Sénégal, va participer à un panel de haut niveau de cette conférence, en compagnie de son homologue sénégalais Macky Sall et d’autres chefs d’Etat également présents au Sénégal pour les besoins de cette rencontre internationale.
 
 

ADL/BK