Les gouvernants africains invités à financer de
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SENEGAL-AFRIQUE-EDUCATION

Les gouvernants africains invités à financer de "façon autonome" le secteur de l’éducation

Dakar, 30 jan (APS) – Les gouvernants africains ont intérêt à fournir des efforts pour financer de façon autonome le secteur de l’éducation, a soutenu, mardi, le président du Réseau africain de Campagne pour l’éducation pour tous (ANCEFA en anglais), Samuel Dembélé.

"Si vous empruntez les moyens d’autres pays, il y a des conditionnalités qui font que vous êtes limités pour conduire la politique éducative selon les priorités", a-t-il souligné lors du Forum interactif et inclusif ouvert à Dakar en présence de délégations venues de 37 pays en Afrique, membres du Réseau.
 
Cette plateforme d’échange de la société civile sur le thème "Le financement domestique : un mythe ou une réalité" se tient en prélude du sommet international sur le financement du partenariat mondial pour l’éducation prévu le 2 février à Dakar.
 
Pour le président d’ANCEFA, "l’autre avantage d’un financement domestique c’est non seulement de conduire de façon autonome sa politique éducative, mais c’est le fait de le faire dans la durée".
 
En effet, en cherchant les financements localement, la programmation et la mise en en œuvre "deviennent plus efficaces et plus efficients", a-t-il souligné. "On peut aussi parler à haute voix dans n’importe quel contexte mondial", a-t-il ajouté.

Pour Samuel Dembélé, la Société civile africaine active dans le secteur de l’éducation joue aujourd’hui "un grand rôle à travers le plaidoyer actuel (...), le contrôle citoyen pour interpeller les gouvernants à adhérer à une éducation de qualité".
 
"L’Afrique doit grandir", a dit pour sa part le président de la Commission Education, Jeunesse, Sports de l’Assemblée nationale, Aimé Assine. "L’éducation est un secteur trop important pour laisser le plaidoyer du financement à seule société civile", a-t-il ajouté. 
 
"Les grands bailleurs ont tendance à se retirer, c’est pourquoi il est bon de s’interroger sur l’orientation de notre éducation", a dit le parlementaire, invitant les Etats africains à prendre leurs responsabilités.
 
Pour le représentant de la Campagne mondiale pour l’Education (CME), Monique Fouillouh, le financement est crucial pour l’atteinte de l’objectif 4 de développement durable relatif à une éducation publique gratuite et de qualité pour tous.
 
"Nous devons être capables d’adresser un message fort et uni au nom de tous les enfants du monde pour une éducation publique de qualité", a-t-elle souligné.
 
Membre du Conseil d’administration de la Coalition des organisations en synergie pour la défense d’une éducation publique (COSYDEP), Hélène Rama Niang, a estimé que "18 ans après le Forum de Dakar pour une éducation universelle, on continue encore de discuter de la question cruciale de l’éducation". "Ces questions restent encore des défis à relever", a-t-elle souligné.
 
L’objectif principal du forum est de développer un consensus parmi les participants sur les demandes de financement prioritaire ainsi qu’une stratégie correspondante pour influencer et faire le suivi des résultats d’une reconstitution réussie. Il s’agira donc pour les acteurs d’échanger sur les méthodes innovantes de financement de l’Éducation.
 

ADL/OID/ASB