Des acteurs du secteur planchent sur la question du financement
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SENEGAL-EDUCATION

Des acteurs du secteur planchent sur la question du financement

Dakar, 25 juil (APS) - L’édition 2016 de la Semaine mondiale d’action pour l‘Education (SMAE), axée sur la question du financement, a donné lundi l’occasion aux acteurs du système éducatif de jeter les bases d’une réflexion sur les "défis et enjeux du financement de l’éducation au Sénégal".
 
Dans ce cadre, un panel organisé à la Fondation Frederich Ebert, visait à poser le débat sur la problématique du financement de l’éducation, "une urgence stratégique", selon le président du conseil d’administration de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP), Moussa Mbaye.
 
"Le Sénégal investit d’une façon assez importante en termes de pourcentage dans l’éducation (40% du budget national), mais par rapport à d’autres pays qui n’investissent même pas la moitié, nos résultats restent très faibles", a-t-il souligné.
 
Selon lui, la réflexion doit porter sur "la répartition des ressources pour dégager des priorités par rapport notamment à la qualification des jeunes aussi bien dans l’enseignement technique que dans la formation professionnelle".
 
"Les objectifs en matière d’éducation ne seront pas atteints si nous ne revoyons pas comment les financements sont réorientés au niveau des secteurs de l’éducation", a relevé M. Mbaye.
 
En fait, "quel que soit le pourcentage alloué à l’éducation, ce sont les ressources qui sont encore sont faibles par rapport aux besoins, parce qu’il y a encore beaucoup d’enfants exclus de l’école".
 
Sans compter que les écoles coraniques "souhaitent beaucoup plus d’appui publique et tout ce qui concerne la formation et la motivation des enseignants".
 
Les efforts des ménage et du secteur privé notamment "doivent venir en complément de l’engagement de l’Etat, garant d’une éducation publique accessible et de qualité pour tous", a soutenu le professeur Youry Sall, un des panélistes.
 
Cet enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (nord) a contesté les chiffres officiels selon lesquels 40% des ressources budgétaires de l’Etat sont alloués au secteur de l’éducation.
 
Selon lui, les allocations publiques dont bénéficie l’éducation équivaut à "seulement 6,44% du Produit Intérieur Brut (PIB)", soit "prés de 23% du budget national". D’où la nécessité "d’aller vers 10% du PIB pour rééquilibrer la demande et l’offre d’éducation", a-t-il dit.
 
L’Etat seul ne sera pas sollicité, les entreprises par exemple peuvent participer à hauteur de 0,25% de leurs chiffres d’affaires et 1% des revenus de chaque salarié, a-t-il suggéré. 
 
Une telle enveloppe "pourra "résorber d’ici 5 ans les 6000 abris provisoires et décharger un peu les enseignants dans les amphithéâtres trop bondés", a indiqué le chercheur.
 
"Dans le cas du budget actuel, nous restons dans une impasse pour satisfaire les besoins en éducation", a ajouté Yourty Sall. 
 
Une situation qui justifie perspective le choix de la thématique portant sur la question du financement, une manière pour la SMAE 2016 d’aider à donner des pistes de solutions pour trouver des ressources complémentaires, afin de faire du droit à l’éducation une réalité.
 
"Au vu des engagements pris par les Etats dans le cadre du nouvel agenda de développement durable à l’horizon 2030, il est absolument nécessaire de mobiliser davantage de ressources pour faire face à la grande équation d’une éducation de qualité accessible à tous", a souligné le Rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’Education, Kishore Singh.
 
"Il est extrêmement important de mettre l’accent sur la responsabilité des gouvernements d’augmenter les ressources mais aussi de porter une attention politique sur les questions de budget d’investissement par rapport au budget de fonctionnement", a-t-il relevé au cours de cette rencontre.
 
D’après M. Singh, il est également important de disposer d’un cadre de réglementation juridique qui oblige le secteur privé à participer au financement de l’éducation, dans le cadre de la responsabilité sociale d’entreprise.
 
Concernant le financement extérieur, de l’ordre de 7%, M. Singh s’est dit convaincu que l’Etat doit compter sur les ressources nationales et non sur la participation de bailleurs pour le financement de l’éducation.
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ADL/BK