Le Directeur de l’INEFJA met en exergue les résultats de l’enseignement des non-voyants
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Le Directeur de l’INEFJA met en exergue les résultats de l’enseignement des non-voyants

Thiès, 6 mai (APS) - L’éducation des jeunes aveugles, malgré son coût élevé, est une expérience qui vaut la peine d’être vécue, vu les résultats qu’elle produit, a indiqué le directeur de l’INEFJA, Mansour Ndior.

‘’C’est dire que c’est une expérience qui vaut la peine d’être vécue’’, a dit Mansour Ndior dans un entretien avec l’APS. ‘’Dès l’instant qu’elle permet à des aveugles, qui peut-être dans un passé très récent, avaient été gagnés par le désespoir, de s’ériger dans le tas, jusqu’à obtenir des diplômes d’enseignement supérieur, il y a de quoi y croire’’, a-t-il ajouté.

Selon le directeur de la structure scolaire, ‘’bon nombre’’ d’anciens pensionnaires de l’INEFJA sont ‘’en train de valoir beaucoup d’honneurs à l’étranger’’ à la structure. Il a cité parmi ces fiertés de l’Institut, un ancien qui a soutenu, il y a 2 ans, sa thèse de doctorat en psychologie, un deuxième qui est rentré au pays avec un diplôme d’ingénieur en informatique.

Un autre encore est un avocat inscrit au barreau de Paris. Une ancienne élève Dieynaba Laye, diplômée en kinésithérapie en Tunisie, exerce à l’hôpital régional de Thiès. A cette liste assez longue, il a ajouté un journaliste affecté au ministère de l’Action sociale. ‘’Il y en a qui ont vraiment réussi dans la vie’’, note-t-il.

Parmi les élèves, il y a aussi des ‘’surdoués’’, relève le directeur évoquant les cas du jeune Souleymane Mballo qui ‘’rafle les prix’’ au collège Amadou Coly Diop et de Daouda Mbaye qui, il y a deux ans, était premier de son centre d’examens au Bfem, au CEM Mamadou Diaw. Aujourd’hui, il est en classe de première au lycée Malick Sy.

Evoquant les coûts du matériel utilisé pour l’éducation des aveugles, Mansour Ndior a souligné que ‘’rien que les tablettes à cubes avec poinçons avec lesquels les élèves écrivent en braille, coûtent 25.000 à 30.000 francs l’unité’’. D’ailleurs, elles ne se trouvent pas sur le marché local.

Aussi, l’élève non-voyant utilise-t-il trois fois plus de feuilles qu’un élève voyant. Ce qui fait, selon M. Ndior, ‘’près de 70.000 feuilles’’ utilisées par les élèves de l’INEFJA par an. Les cartes géographiques thermo-gonfleurs non disponibles au Sénégal sont aussi très onéreuses, a-t-il dit.

Pourtant, tous ces articles constituent ‘’le matériel le plus simple’’, relève le directeur, comparé au clavier braille (braille sense) spécialisé pour les aveugles, qui coûte 4 millions de francs CFA, a-t-il dit.

Toutefois, les aveugles peuvent se servir du clavier classique ASERTY, grâce au logiciel de synthèse vocal Win-braille, qui en bloque toutes les touches, excepté 6 touches correspondant aux 6 points du braille. Avec cela, ils peuvent allumer l’ordinateur, ouvrir leur boîte, lire leur courrier et fermer, ou faire des recherches sur Google, dit-il.

Le volet sport qui n’est pas négligé par l’institut, nécessite aussi du matériel adapté. Par exemple, la ‘’balle sonore’’ avec laquelle les élèves jouent au céci-foot (football pour aveugles). L’INEFJA dispose en outre d’une salle de psychomotricité, destinée à corriger certaines déformations liées à la cécité, comme le ‘’blindisme’’.

Mansour Ndior a souligné les efforts faits par l’Etat, la visite en 2017 du ministre de l’Education pour présider la fête de l’excellence. ‘’Depuis que Serigne Mbaye Thiam s’est déplacé pour voir ce que nous faisons, il n’a pas arrêté de faire des efforts considérables’’, témoigne M. Ndior.

Rien qu’en 2017, le ministère de l’Education nationale a débloqué 100 millions pour acheter tout le matériel dont les élèves ont besoin, a indiqué le responsable.

Le parc automobile a été aussi renforcé avec deux bus neufs. Cela, compte non tenu du budget annuel de 140 milliards de francs CFA assuré par l’Etat à cet établissement de 159 élèves.

‘’Il faut beaucoup de moyens pour mettre les aveugles dans les meilleures conditions’’, a relevé le directeur. ‘’Tout est question de moyens, mais aujourd’hui dans le monde, la technologie a beaucoup avancé pour offrir un enseignement de qualité aux enfants déficients visuels.‘’

ADI/OID