L’alphabétisation et la petite enfance,
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SENEGAL-EDUCATION

L’alphabétisation et la petite enfance, "sous-secteurs négligés" de l’éducation (panélistes)

Dakar, 12 sept (APS) – L’alphabétisation et la petite enfance sont considérées par plusieurs acteurs de l’éducation comme des sous-secteurs négligés par manque de financement alors qu’ils concernent plus que ceux qui sont dans l’éducation formelle.
 
Le problème de financement est réel particulièrement pour le secteur de l’alphabétisation avec seulement 0,18% du budget de l’éducation nationale alors que 54% de la population est analphabète, a souligné le représentant du Centre national des ressources éducationnelles (CNRE) Mara Wade.
 
Il intervenait jeudi à Dakar lors d’un panel organisé sur le thème de la "Prise en compte des sous-secteurs de l’alphabétisation et de la petite enfance" dans le cadre du déroulement des activités de l’initiative "Nos vacances pour l’école" lancée par la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP).
 
"C’est utopique de parler d’émergence dans ce contexte de négligence de l’alphabétisation qui concerne une cible beaucoup plus importante que ceux qui sont dans l’éducation formelle", a-t-il souligné.
 
Pour le représentant du CNRE, ce panel constitue "encore une alerte", relevant que "nous devons tous nous lever pour rectifier le tir sinon nous allons vers le mur".
 
Comme facteurs de négligence principale de l’alphabétisation, il a cité essentiellement la faiblesse du financement aussi bien du côté de l’Etat, des collectivités territoriales que des entreprises publiques et privées.
 
Très peu d’entreprises investissent dans le secteur de l’alphabétisation alors que l’article 22 de la Constitution appelle les entreprises à soutenir l’alphabétisation des jeunes et des adultes, a-t-il soigné. Pour Wade, "les interventions sont dispersées et si on parvenait à les fédérer on aurait des actions plus pertinentes". 
 
Concernant la petite enfance, la situation n’est pas plus reluisante puisque "les apprentissages précoces sont négligées du fait d’un manque de financement", a souligné le représentant de l’UNICEF, Ibrahima Giroud, un des panélistes.
 
"Il y a beaucoup d’efforts pour la planification mais la mobilisation des ressources reste toujours un défi", a-t-il souligné. En effet pour le développement de la Petite enfance, les ressources qui lui sont allouées n’ont jamais dépassées 1% en moyenne.
 
Le financement pose de plus en plus la question des mesures de pérennisation sans toujours trouver des réponses alors que les trois premières années sont déterminantes dans l’éducation d’un enfant, a-t-il souligné. 
 
Présente à l’ouverture de la rencontre la Secrétaire générale de l’Agence nationale de la Case des Touts petits, Thérèse Faye Diouf a salué l’initiative qui va participer "surement au plaidoyer pour le relèvement des ressources en faveur de la petite enfance".

ADL/ASB/OID