Fraudes au Bac 2017 : Un universitaire prône la coupure du signal des réseaux sociaux en période d’examen
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Fraudes au Bac 2017 : Un universitaire prône la coupure du signal des réseaux sociaux en période d’examen

Fatick, 5 juil (APS) - Le professeur à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Yankhoba Seydi a proposé, mardi à Fatick, de couper le signal des réseaux sociaux en période d’examen pour lutter contre "les fuites de sujets à l’examen du baccalauréat".
 
 
Une telle décision devrait être accompagnée par les fournissseurs mais aussi d’une "fermeté totale" sur la mesure interdisant le port de portables par les élèves dans les salles d’examen, a souligné le syndicaliste, président du jury mixte (sciences et littérature) 762du centre d’examen du lycée Coumba Ndoffène Diouf de Fatick.

Yankhoba Seydi a indiqué à des journalistes qu’"avec l’appui des fournisseurs, on peut couper le signal des réseaux sociaux en période d’examen pour éviter toute diffusion d’épreuves à travers ces nouvelles technologies".

L’universitaire, responsable du Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES) a toutefois reconnu, que c’est une "mesure unillatérale qui n’est pas favorable à la liberté d’expression mais qui est utile pour sauvegarder la crédibilité du bac".
 
"On peut également parfaire l’organisation du baccalauréat en mettant un terme au laisser aller et au non respect strict de la mesure interdisant le port de portable dans les salles d’examen", a-t-il ajouté.

"Malheureusement, a-t-il déploré, on constate que malgré l’interdiction du port de portable, des élèves continuent de venir avec leurs téléphones dans les salles d’examen".

Le développement fulgurant des nouvelles technologies de l’information et de la communication a fait qu’il est devenu de plus en plus difficile de "sécuriser totalement des épreuves" a analysé M. Seydi, estimant qu’il était "beaucoup plus facile de sécuriser le bac à l’époque où il y’avait pas ces technologies". 
 
"Aujourd’hui avec un clic vous pouvez disséminer une information dans les quatre coins du globe. Cela veut dire que les moyens qu’on déployait hier pour sécuriser le baccalauréat, il faut en débloquer aujourd’hui le double ou plus", a-t-souligné.

"La sécurisation du bac est devenue plus difficile aujourd’hui car il y a beaucoup de malfaiteurs à tous les niveaux", a-t-il commenté.
 
"Ces malfaiteurs sont là et ils travaillent dans un sens que les populations ne voudraient pas", a-t-il dénoncé, appelant, à tout faire pour "sauvegarder la crédibilité et le prestige" du premier diplôme universitaire.
 
"Le Bac, a-t-il estimé, est le seul diplôme célébré par la famille au Sénégal pour un candidat, le diplôme le plus protégé jusque-là".

"L’organisation du bac mobilise des équipes toute l’année, toute une logistique, des moyens colossaux, et si après ces sacrifices on perd tout en une matinée tout ce qu’on avait sécurisé. Ça fait mal et fait perdre à l’Etat beaucoup d’argent et beaucoup d’énergie pour les organisateurs", a-t-il déploré. 

D’ailleurs le directeur général de l’Office du Bac, Babou Diakham a annoncé, mercredi, la reprogrammation lundi des épreuves de français, d’histoire et de géographie des séries littéraires après les fraudes constatées lors du baccalauréat général.
 
M. Diakham qui s’entretenait avec les journalistes a, alors, confirmé les soupçons de fuites dont la presse a fait état sur les épreuves de français, d’histoire et de géographie du baccalauréat 2017.
 


AB/PON