Diourbel : les étudiants veulent mener ‘’la lutte’’ dans le calme et la sérénité
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SENEGAL-UNIVERSITES

Diourbel : les étudiants veulent mener ‘’la lutte’’ dans le calme et la sérénité

Diourbel, 24 mai (APS) – L’Amicale des étudiants ressortissants de Diourbel à l’université Gaston-Berger de Saint-Louis a promis jeudi de mener ‘’la lutte estudiantine’’ dans le calme et la sérénité, à la suite de la mort, lors des échauffourées du 15 mai, de leur camarade Mouhamadou Fallou Sène.

‘’On va mener la lutte dans le calme, par le dialogue, dans la sérénité, pour honorer la mémoire de notre camarade Mouhamadou Fallou Sène et trouver des solutions’’, a déclaré Alé Touré, le président de cette association d’étudiants.

Les étudiants diourbelois de l’université Gaston-Berger ont fait sortir les élèves des écoles publiques et privées de la commune de Diourbel de leurs classes, jeudi matin, en guise de protestation contre la mort de leur camarade tué lors d’affrontements avec les forces de l’ordre, à Saint-Louis.

‘’Ce n’est pas par la violence que l’on peut résoudre les problèmes. Les étudiants ne sont pas les ennemis des forces de l’ordre’’, a ajouté Alé Touré. ‘’Nous avons l’obligation d’honorer sa mémoire (celle de Mouhamadou Fallou Sène, Ndlr)’’, a-t-il insisté, réclamant, au nom de ses camarades, le limogeage du ministre de l’Enseignement supérieur, Mary Teuw Niane, et celles de ses collègues chargés de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, et des Finances, Amadou Ba.

Les étudiants estiment que ces trois ministres assurant la tutelle des universités, de la sécurité publique et de la gestion des bourses d’études sont responsables des violences consécutives au retard des allocations d’études, au cours desquelles Mouhamadou Fallou Sène a été mortellement blessé.

Le directeur des œuvres sociales et le recteur de l’université Gaston-Berger ont été limogés la semaine dernière par le président de la République.

Alé Touré a mis en garde contre toute politisation de la mort de leur camarade. ‘’Nous n’accepterons nullement que les politiciens s’approprient ce combat, qui appartient aux étudiants’’, a-t-il averti.

Les étudiants de Diourbel souhaitent par ailleurs qu’une audience avec le chef de l’Etat leur soit accordée. ‘’Nous demandons au président de la République de rencontrer les Diourbelois qui ont, sous son magistère, perdu deux des leurs’’, a dit M. Touré.

Il fait allusion à la mort de Mouhamadou Fallou Sène et à celle de Bassirou Faye, un autre étudiant ressortissant de la région, tué lors d’affrontements entre ses camarades et les forces de l’ordre en août 2014, à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar.

Selon M. Touré, des lieux de mémoire doivent être construits à Diourbel en souvenir de ces deux étudiants.

FD/ESF/ASG