Vers la généralisation de la numérisation de l’état civil
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Vers la généralisation de la numérisation de l’état civil

Dakar, 20 juil (APS) – L’Etat du Sénégal a prévu d’inscrire dans la loi de finances rectificative 2017 une ligne budgétaire destinée à financer la numérisation de tous les actes d’état civil, a-t-on appris jeudi de source gouvernementale.

 
Cette mesure permettra à l’Etat d’"aller vers la généralisation de la numérisation des actes d’état civil, dans les 587 centres d’état civil" du pays, a expliqué Birahim Ndiaye, le directeur général adjoint du Centre national d’état civil (CNEC).
 
Il prenait part, à Dakar, à un "atelier de restitution" des résultats des "opérations de numérisation et d’indexation des actes d’état civil au Sénégal".
 
Les centres d’état civil n’ayant pas bénéficié du Projet d’appui à la modernisation de l’état civil (PAMEC) vont tirer profit de ce financement, selon M. Ndiaye.
 
Le PAMEC, soutenu financièrement par l’Union européenne, a permis de "révolutionner l’état civil dans les centres les plus reculés, pour le sécuriser et éviter les pertes, les détériorations et les cas de fraude", a-t-il dit.
 
Sa numérisation devrait permettre à l’Etat et aux collectivités locales de mieux maîtriser la gestion administrative de l’état civil, selon Birahim Ndiaye.
 
Il assure qu’avec la ligne budgétaire prévue dans la loi de finances rectificative, le gouvernement va instaurer "la numérisation systématique" des actes d’état civil, ce qui lui permettra de faire "des projections plus pointues concernant la demande sociale".
 
Selon Birahim Ndiaye, le gouvernement prépare un projet de loi visant à modifier le Code de la famille, pour l’adapter aux technologies de l’information et de la communication.
 
Lancé en 2014, le PAMEC a permis de numériser 68% (environ 15.600.000) des quelque 23 millions d’actes d’état civil, selon les résultats présentés à l’atelier du CNEC. 
 
"Il faut aller vers la numérisation, parce que c’est un problème de sécurisation du patrimoine de l’état civil", a souligné le chef des opérations d’"African Numerisation Technologies", Boubacar Boye, qui a pris part à l’atelier.
 
Le Centre national d’état civil affirme avoir fait le point sur les registres perdus et ceux qui existent sans pouvoir être numérisés à cause "des conditions climatiques ayant favorisé leur détérioration". 
 
Mais, selon M. Ndiaye, 164 centres d’état civil n’ont pas dû bénéficier de l’opération.
 
Le délai de neuf mois indiqué était "trop court" pour numériser 23 millions de pièces d’état civil, selon Boubacar Boye.
 
Les participants à l’atelier suggèrent que l’Etat mette en place dans les mairies des équipements pouvant favoriser une bonne conservation de l’état civil.
 
Ils proposent que soient recrutés des agents, dont des archivistes et des documentalistes, capables de gérer les services d’état civil.
 
Les coupures d’électricité et l’inaccessibilité à Internet sont de nature à détériorer l’état civil, a-t-on signalé lors de l’atelier.

ADL/ESF/ASG