Un universitaire préconise des politiques foncières inclusives et répondant aux besoins des acteurs
APS
SENEGAL-AFRIQUE-FONCIER

Un universitaire préconise des politiques foncières inclusives et répondant aux besoins des acteurs

Saint-Louis, 27 sept (APS) - Les pays francophones d’Afrique doivent travailler à "développer de manière inclusive’’ des politiques foncières répondant aux besoins de l’ensemble des acteurs concernés par cette problématique, compte tenu des problèmes rencontrés dans ce domaine, a plaidé vendredi à Saint-Louis le professeur Ibrahima Aron Diallo, coordonnateur du Réseau d’excellence sur la gouvernance foncière en Afrique (NELGA, en anglais).

Les problèmes fonciers constituent désormais "des obstacles majeurs pour les pays francophones d’Afrique, d’où l’impératif de développer de manière inclusive des politiques foncières qui répondent aux besoins de l’ensemble des acteurs", a indiqué l’enseignant-chercheur à l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis.
 
Selon lui, "les bonnes politiques foncières concourent à la stabilité politique, intègrent le genre et réduisent les conflits pour favoriser une gestion durable des ressources naturelles".
 
Le professeur Diallo intervenait à l’ouverture d’un atelier national de formation et d’échanges sur la gouvernance foncière, en partenariat avec IPAR (Initiative Prospective agricole et rurale), le Conseil national de concertation des ruraux (CNCR), la SAED, société d’aménagement des terres du delta du fleuve Sénégal, le PDIDAS, projet de développement inclusif et durable de l’agrobusiness au Sénégal (PDIDAS), ainsi que d’autres partenaires.
 
 
"Des conflits fonciers ont été notés au Sénégal", à Mbaye, Fanaye et Dodel, dans la région de Saint-Louis, a-t-il rappelé, avant de faire observer qu’avec la découverte du pétrole et du gaz, "l’on commence à faire du bruit autour de ces questions de ressources pétrolières".
 
Aussi cet atelier national de formation devrait-il permettre aux acteurs de "faire un diagnostic de la situation, pour mettre en place un Observatoire du foncier dans la vallée du fleuve Sénégal, afin d’évaluer et d’expérimenter de nouveaux outils".
 
"Ensuite, les acteurs pourront anticiper sur le potentiel des conflits fonciers, pour trouver un climat foncier apaisé, tout en protégeant les exploitations familiales, afin de réguler l’agrobusiness pour que chacun puisse tirer le maximum de ce grenier indispensable de la vallée Sénégal, qu’il faut protéger", a-t-il indiqué.
 
Selon l’enseignant-chercheur, la vallée du fleuve Sénégal "est un grenier menacé, face aux investissements privés ainsi que l’accaparement des terres, qui occasionnent une saturation des terres".
 
Il note que cette situation fait que "les jeunes qui souhaitent investir dans l’agriculture, n’ont pas souvent accès à la terre, particulièrement dans la zone de Ross-Bethio".
 
Dans cette perspective, l’Union africaine a mis en place un cadre et une ligne directrice pour voir comment accompagner les Etats, "afin qu’ils disposent d’une gouvernance responsable et apaisée pour une paix sociale durable", a signalé le professeur Ibrahima Arona Diallo.
 
De même, dans le but de renforcer les capacités humaines et institutionnelles pour la mise en œuvre du programme de l’Union africaine sur la terre, le Centre africain de politique foncière (ALPC) a mis en place un Réseau d’excellence sur la gouvernance foncière en Afrique (NELGA), en coopération avec l’Allemagne, la Banque mondiale et d’autres partenaires, a ajouté M. Diallo.
 
L’Université Gaston Berger de Saint-Louis a été choisie pour coordonner le réseau NELGA, regroupant 9 Etats de l’Afrique francophone, pour accompagner les acteurs et les collectivités locales.
 
Prévu pour deux jours (27-28 septembre), cet atelier national de formation et d’échanges sur la gouvernance foncière a réuni des chercheurs, acteurs de la société civile, ainsi que des partenaires, dont l’Office du Lac de Guiers, ainsi que des groupements de femmes et de jeunes, des élus locaux, ONG et des entreprises privées.
 
BD/BK