Un enseignant ambitionne de contribuer à la qualité de l’enseignement avec des manuels d’un genre nouveau
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Un enseignant ambitionne de contribuer à la qualité de l’enseignement avec des manuels d’un genre nouveau

Dakar, 23 août (APS) - Un instituteur sénégalais de 53 ans, auteur de manuels scolaires destinés aux élèves et enseignants de l’élémentaire, dit compter sur le soutien des pouvoirs publics pour vulgariser davantage ces outils pédagogiques à l’échelle nationale, en vue de contribuer à la qualité de l’enseignement.

"Mon objectif est de faire en sorte que ces ouvrages puissent pénétrer toutes les régions du Sénégal avec plus de 500 tirages par semaine au lieu de 50 actuellement", a déclaré Serigne Seck, qui se prévaut d’une expérience professionnelle de plus de 24 ans.
L’enseignant a révélé à l’APS avoir commencé la production de ces outils pédagogiques au cours de l’année scolaire 2014-2015. Il compte désormais à son actif trois collections de manuels en mathématiques, français et science et vie sociale.
Destinés aux classes de CM1 et CM2, ces ouvrages sont présentés sous forme d’"annales curriculaires" contenant aussi bien des cours que des exercices corrigés.
Jusque-là, des manuels contenant des épreuves corrigés n’étaient disponibles que pour les classes d’examen, celles de 3e et Terminales en particulier, affirme Serigne Seck, qui sert à l’école publique Camp Marchand de Rufisque, dans la région de Dakar.
Les anciens manuels ne touchaient que "certaines parties du programme", au contraire de ceux proposés par M. Seck, qui suit "plutôt une démarche progressive (…)"."Je suis le programme à la lettre", a fait valoir l’enseignant.
Il dit avoir constaté que les 1300 ouvrages produits pour 2015 /2016 ont été acquis par les enseignants, les élèves ne parvenant pas encore à en disposer, d’où sa volonté de les vulgariser à l’échelle du Sénégal.
"Au début, explique-t-il, la cible était l’élève mais les enseignants se sont appropriés les documents, car avec le curriculum de 2009, le niveau est très relevé, (puisqu’il) y a des notions qu’on n’enseignait pas avant (…)".
Cela fait selon lui que "beaucoup d’enseignants ont des difficultés, car le niveau académique est un peu bas chez les enseignants" surtout que "le recrutement se faisait à partir du BFEM (….) et donc certains avaient des problèmes pour enseigner les mathématiques par exemple".
Cette situation relève moins d’un problème de pédagogie que de connaissance, souligne M. Seck, qui a embrassé l’enseignement en 1992, après 2 années passés à la Faculté des sciences (département physique-chimie) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar où il a également fréquenté le département d’anglais.
"La pédagogie, c’est comment transmettre le savoir, mais encore faudrait-il avoir la connaissance pour pouvoir la transmettre", a-t-il noté, se demandant "comment un enseignant peut enseigner aux élèves’’, ou comment peut-il produire "un texte narratif par exemple, alors que lui-même ne connaît pas les fondements d’un texte narratif ?".
Dans cette perspective, "si le problème des enseignants est réglé, celui des élèves aussi", soutient cet instituteur qui produit jusque-là ses manuels avec ses propres moyens depuis 2014.
Aussi a-t-il lancé un appel aux autorités pour "un soutien conséquent", jugeant ’’très difficile’’ la réalisation de ces manuels pédagogiques.


MF/BK