Un imam évoque la portée du sermon de la Tabaski
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SENEGAL-RELIGION-CELEBRATION

Un imam évoque la portée du sermon de la Tabaski

Dakar, 9 août (APS) - Le coordonnateur du comité imamat de la grande mosquée de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, Ababacar Sadikh Diop, a expliqué vendredi la portée du sermon de l’Aid el-Kébir ou Tabaski qui, à la différence de celui du vendredi, se fait après la prière et couvre un champ plus large. 
 
L’heure est aux derniers préparatifs pour la prière hebdomadaire du vendredi. Tandis que des groupes d’étudiants originaires de mêmes localités se ruent vers des bus pour regagner les régions de l’intérieur du pays dans le cadre de voyages appelés "caravanes", d’autres étudiants se pressent vers la mosquée, pour assister au sermon de l’imam Mansour Ndiaye. 
 
D’une voix par moments tremblante, il invite les musulmans à suivre davantage les recommandations d’Allah et à rester sur le droit chemin. 
 
Un de ses adjoints Ababacar Sadikh Diop, par ailleurs coordonnateur du comité imamat de la grande mosquée de l’UCAD, en profite alors pour préciser la différence entre le sermon du vendredi et celui du jour de l’Eid el-Kébir, communément appelé Tabaski. 
 
’’De façon générale, il n’y a pas une grande différence […], et s’il y en a une, c’est en rapport avec l’organisation’’, a indiqué imam Diop. 
 
La seule différence selon Ababacar Sadikh Diop tient au fait que le sermon du vendredi se fait avant la prière, tandis que le sermon de la Tabaski se fait après la prière. Il s’y ajoute que l’appel à la prière (azan) accompagne les sermons du vendredi. Ce qui n’est pas le cas pour la Tabaski ainsi que pour la Korité, soutient-il.
 
Revenant sur le contenu ou la portée du sermon, Ababacar Sadikh Diop estime que le sermon du vendredi traite généralement des questions liées à l’actualité de la semaine. Alors qu’avec la Tabaski, "l’imam peut évoquer des horizons plus larges, allant des questions nationales à celles touchant à l’international, à mettre en perspective avec la communauté musulmane", a-t-il avancé. 
 
’’Le sermon a pour but de conscientiser les musulmans à travers les textes scripturaires qui recommandent les bonnes actions et les péchés à éviter dans un monde qui bouge’’, a indiqué M. Diop. 
 
Pour ce qui est de la langue utilisée pour le sermon, il soutient qu’il utilise lui-même le français et le wolof en ce sens que la société, dans sa grande majorité, parle ces deux langues. ’’Si le prophète Mouhamed (saw) parlait l’arabe, c’est parce qu’il avait en face une société arabophone", explique le religieux. 
 
Mais il lui arrivait de recourir à des interprètes quand il rencontrait des visiteurs non arabophones. 
 
Dans un monde musulman qui célèbre souvent ses grandes fêtes dans la ’’désunion’’, l’imam Ababacar Sadikh Diop a rappelé la nécessité de travailler à des retrouvailles, rappelant que ’’l’Islam, par nature, est dans une logique d’union.’’ 
 
La Tabaski sera célébrée au Sénégal ce lundi par une importante partie de la communauté musulmane, à l’appel de la Commission de concertation nationale sur le croissant lunaire. 
 
Au contraire du Sénégal, la plupart des pays limitrophes ont retenu le dimanche comme de célébration de l’Aid el-Kébir, qu’ils célébreront ainsi en même temps que l’Arabie Saoudite où se tient le pèlerinage à La Mecque.

BSY/SMD/ASG/BK