Touba dans la fièvre du magal 2018
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SENEGAL-MAGAL-AMBIANCE

Touba dans la fièvre du magal 2018

Touba, 28 oct (APS) - Touba a renoué tôt dimanche avec la ferveur du magal, un nombre impressionnant de fidèles mourides et de simples visiteurs arpentant les principales rues de la capitale du mouridisme, pour célébrer son fondateur, Cheikh Ahmadou Bamba.


Plusieurs milliers de fidèles et de visiteurs - des millions selon les organisateurs - ont investi les principales rues de la cité religieuse dès les premières heures de la matinée, pour commémorer l’édition 2018 du magal, un évènement annuel commémorant le départ en exil de Serigne Touba, Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme.
 
La fièvre du magal était visible à travers les principales artères des différents quartiers de la cité religieuse, de Madiyana à Garage Darou, en passant par Guy Mbind, Dianatou, Kaddgui, Sam, Darou Rahmane, Darou Minam, Garage Darou, entre autres.
 
Partout, à travers les coins de rue ou presque, des tentes sont dressées par les associations de "dahiras" pour des récitals de khassaïdes, poèmes dédiés par Serigne Touba au prophète Mohammed (PSL).
 
Les visites de courtoisie ne sont pas en reste, de même que certains sites sont pris d’assaut par les fidèles désireux de se recueillir, les plus convoitées étant la grande mosquée de Touba, les mausolées dédiées aux différents dignitaires ainsi que les cimetières.

Il y a par exemple Dembo Diaoula, de nationalité gambienne, n’est pas mouride, mais explique être venu se recueillir dans la capitale du mouridisme, avec un ami et l’épouse de ce dernier. Il a été rencontré à la grande mosquée de Touba.

D’autres fidèles, encore plus nombreux, profitent de cette occasion pour renouveler leur allégeance à leur guide.

Dans cette ambiance particulière, le business ne s’interdit rien. Les commerçants profitent de cette grande affluence pour écouler au maximum leurs produits et faire des bonnes affaires, surtout qu’ils profitent de la générosité de certains types de fidèles comme les femmes affectées à la cuisine.
 
Ces dernières ne regardent pas à la dépense pour concocter des plats toujours plus copieux les uns plus que les autres, des "berndel" ou réjouissances faisant partie intégrante du magal.
 
L’esprit du "berndel", soit le sens du partage tel qu’enseigné par Serigne Touba, tient aussi au spectacle de ces troupeaux de bœufs, chameaux et autres petits ruminants entreposés dans les enclos des grandes familles, pour l’alimentation des fidèles.
 
"Baye Fall" et "Yaye Fall" sont sur le qui-vive, au service des fidèles pour qu’ils ne manquent de rien et surtout pas à manger une grande activité qui fait également l’affaire des charretiers, un moyen de transport traditionnel privilégié dans un contexte si particulier.
 
De fait, la fièvre avait commencé à monter dès samedi soir, veille du magal, à mesure les fidèles arrivaient par groupes entiers dans la capitale du mouridisme.
 
Des retrouvailles annuelles qui ont amené certains à veiller dans certains cas, la nuit se confondant au jour pour eux, ce qui fait toute la particularité d’un évènement couru de partout, du Sénégal à l’étranger, si l’on sait que cette manifestation est l’occasion d’un séjour annuel pour de nombreux disciples mourides à travers le monde.

FD/BK