Touba dans la ferveur du 18e jour du mois de Safar
APS
SENEGAL-MAGAL-REPORTAGE

Touba dans la ferveur du 18e jour du mois de Safar

Touba, 19 nov (APS) - Plusieurs centaines de milliers de fidèles - des millions selon certaines sources, ont pris d’assaut la ville de Touba, samedi, au premier jour de l’édition 2016 du magal, un évènement annuel commémorant le départ en exil au Gabon de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, l’une des principales confréries musulmanes sénégalaises, a constate l’APS.


 


Dès vendredi déjà, les mausolées du fondateur du mouridisme et de ses descendants refusaient du monde, les fidèles formant de longues files d’attente pour se recueillir dans ces enceintes, en dépit du dispositif sécuritaire en place à l’intérieur de la mosquée.


Se frayer un chemin pour accéder aux mausolées relève alors d’un véritable parcours du combattant.


L’affluence fait en tout cas le bonheur des cambistes qui ont l’occasion de faire de bonnes affaires, tant les fidèles, pour la plupart, tiennent coûte que coûte à laisser quelques pièces à leur passage. Une générosité intéressée qui augmente l’espoir de voir ses vœux exaucés.


Les cohortes de mendiants et d’handicapés ne sont pas en reste et s’ajoutent à ce décor, eux qui ont élu domicile autour et à l’intérieur de la mosquée, le temps du magal.


Non loin de là, la route dénommée 28 a été de même assaillie par une marée humaine qui oblige les voitures disposant d’un laisser passer à évoluer au pas de caméléon.


Quelque fois, des jeunes intrépides-fougueux sublimés par leur foi et leur amour de Bamba, contribuent à installer de petits moments de désordre, comme dans les rues menant à la grande mosquée de Touba.


Le long des routes menant à la grande mosquée, vendeurs de fruits, de téléphones, de friperie et de médicaments de la rue squattent les trottoirs, dans un décor d’affiches reproduisant l’image du fondateur du mouridisme.


La ferveur religieuse, c’est certain, mais sans oublier que le magal est aussi un très grand bazar où tout se vend et s’achète.


Dans les différents quartiers de la ville, le même décor s’impose avec en plus une "ruralité" dans les habitudes, avec les milliers de charrettes. Ailleurs, dans d’autres quartiers, des scènes d’immolation de chameaux et bœufs par milliers, ajoutent au pittoresque du magal et nourrissent l’espoir de "bernde" (victuailles).


Cette ambiance de ferveur religieuse va se prolonger dans la soirée de samedi à dimanche, avec les "zikr" des "Baye Fall", ces talibés mourides qui se reconnaissent à leurs accoutrements en patchwork.


 


 


 

ID/AB/BK