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    Thiès : un collectif de Silmang et Keur Dago souhaite une issue à son contentieux avec la  SNHLM
    APS
    SENEGAL-FONCIER-LITIGE

    Thiès : un collectif de Silmang et Keur Dago souhaite une issue à son contentieux avec la SNHLM

    Thiès, 11 sept (APS) - Des habitants de Silmang et Keur Dago regroupés au sein d’un collectif, ont demandé, samedi, une issue au contentieux les opposant à la SNHLM, qui revendique un droit de propriété sur 59 hectares couvrant, selon eux, des champs communs à ces deux quartiers de la commune de Thiès Est.
     
    Selon le coordonnateur du collectif Matar Ndiaye Diouf, le contentieux remonte à 2005, quand la SNHLM avait produit un document présenté comme étant un décret établissant le droit de propriété de la SNHLM sur 59 hectares se trouvant être leurs champs.
     
    Il s’agit du décret 88/749 du 22 juin 1988, qui après consultation des services compétents en la matière, pour l’authentification du document en question, s’est avéré ‘’faux’’, selon lui. Les membres du collectif se sont vu signifier qu’un tel décret ‘’n’existe pas’’, a expliqué M. Diouf, lors d’un point de presse.
     
    ’’Sur cette base, nous avions porté plainte contre la SNHLM’’, a-t-il dit. La plainte pour faux et usage de faux, entre autres motifs, déposée depuis le 20 janvier 2016 au parquet de Thiès, est jusque-là ’’restée en veilleuse’’, selon lui. ‘’C’est ce qui nous intrigue’’.
     
    Entre temps, beaucoup de champs ont été morcelés en parcelles qui ont été vendues. 
     
    L’ancien responsable de la SNHLM, étant en détention dans le cadre d’une autre affaire, l’actuel chef d’agence de cette société semble poursuivre dans la logique de son prédécesseur, a laissé entendre Matar Diouf. Souvent accompagné de la DSCOS, il vient recenser des ‘’poches’’ à vendre. 
     
    Du fait de cette situation, les habitants ne peuvent plus exploiter leurs champs, certains chantiers ont été arrêtés par la DSCOS, a-t-il dit. Ousmane Dia, un maçon, s’est plaint de la saisie de son matériel par les hommes en tenue.
     
    Le collectif demande à la SNHLM de cesser ses activités sur le site, pour éviter tout incident avec la population. 
     
    Youssou Faye, membre du collectif, a souligné que les populations de Silmang et Keur Dago entendent garder les terres qui leurs ont été léguées de génération en génération.
     
    Selon M. Diouf, qui est par ailleurs, président de la commission domaniale de la commune de Thiès Est, parmi les acquéreurs des 467 parcelles situées à l’Unité 3, sur le périmètre litigieux, et construites à ‘’presque à 90%’’, personne n’est en mesure de produire un acte légal. ‘’C’est vraiment un danger qu’ils encourent’’, a-t-il relevé.
     
    Le chef d’agence de la SNHLM Ibrahima Diop a noté, pour sa part, que la SNHLM, est détentrice du titre foncier 60/28, morcelé en deux entités, l’unité 4 et l’unité 5, frontalière avec le village Silmang.
     
    Après avoir obtenu en 2010 l’autorisation de lotir les deux unités 4 et 5, la SNHLM s’est rendue compte que le village de Silmang empiétait sur l’Unité 5.
     
    En 2012, le problème a commencé quand la SNHLM a tenté de récupérer l’espace sur lequel des maisons ont déjà été construites. A l’issue des pourparlers, un protocole a été signé entre la SNHLM, le collectif des Silmang en présence du gouverneur d’alors, Ameth Fall. Selon les clauses de ce document, la SNHLM ‘’cédait gracieusement 9 hectares au village de Silmang’’.
     
    Sur la base de cet accord, le cadastre a été saisi pour délimiter la nouvelle ligne de démarcation entre Silmang et l’Unité 5.
     
    C’est par la suite que des familles de Silmang avaient indiqué qu’elles ne se retrouvaient pas dans ce protocole, a expliqué M. Diop. D’où cette tentative de remettre en cause le protocole de 2012.
     
    Concernant l’authenticité ou non du décret, M. Diop a souligné qu’ ’’il y a bel et bien un décret et (qu’il est) au niveau de la conservation des domaines’’. Il dit ne pas pouvoir se prononcer sur la remarque souvent émise par le collectif selon laquelle, cette décision ne serait pas publiée au journal officiel. 
     
    Selon lui, beaucoup de clients de la SNHLM sont ‘’en attente’’, parce que leur parcelle est occupée illégalement.
     
    Il a précisé qu’il ‘’n’y a pas de problème’’ à l’Unité 3, tout comme à Keur Dago, qui n’a ‘’rien à voir la SNHLM’’, la démarcation entre les deux zones étant ‘’bien délimitée’’.
     
     

    ADI/OID