Tambacounda : des
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Tambacounda : des "pas en avant" dans tous les domaines de la santé en 2017

Tambacounda, 7 mars (APS) - Les progrès enregistrés dans le domaine de la santé de la mère et de l’enfant comptent parmi les plus importants enregistrés dans tous les domaines de la santé dans la région de Tambacounda (est), au cours de l’année 2017, a indiqué, mercredi, le médecin-chef Habibou Ndiaye.

"Naturellement, pour une région comme Tambacounda, la première priorité c’est la promotion de la santé de la mère et de l’enfant", a relevé le médecin-chef de région dans un entretien avec des journalistes. 

 
"Je pense que les efforts qui sont faits pour la santé de la mère et de l’enfant peuvent être classés parmi les plus importants, malgré la mobilité de nos ressources humaines", a-t-il ajouté en marge de la revue annuelle conjointe des performances de la région médicale en 2017.
 
Selon le responsable sanitaire, la région de Tambacounda est passée de 133 décès en 2016 à 113 en 2017, mais malgré cette baisse, ce total demeure important, a-t-il relevé. 
 
Les services régionaux, les collectivités locales, la société civile, partenaires techniques au développement, entre autres acteurs, avaient pris part à cet exercice annuel.
 
Le docteur Habibou Ndiaye a aussi salué l’évolution de la contraception, passée de 9% en 2015 à 11% en 2017 à Tambacounda, même si l’objectif était d’atteindre 20%. Concernant l’accouchement assisté, la région est à 52% de couverture en 2017. 
 
"C’est important, même si ça n’empêche pas qu’on ait toujours des décès maternels", a-t-il commenté.
 
Par ailleurs, le médecin-chef de région s’est réjoui des résultats obtenus "dans tous les domaines", malgré "certaines difficultés objectives" auxquelles Tambacounda est confrontée. 
 
Outre la santé de la mère et de l’enfant, la lutte contre la maladie, le renforcement du système de santé, la promotion de la santé et la couverture maladie universelle, "les pas en avant que la région a effectués", sont à louer, a-t-il dit.
 
Ces résultats ont pu être atteints avec l’appui "très soutenu" des pouvoirs publics, tant du point de vue des infrastructures qui doivent être construites et réhabilitées, que de la logistique roulante qu’il faut améliorer, notamment les 9 ambulances reçues l’année dernière et les motos affectées récemment.
 
Selon le médecin-chef de région, la convention avec l’Agence japonaise de coopération internationale (JICA), a permis de renforcer les ressources humaines de la région. Cela s’est ressenti a-t-il dit en termes d’utilisation des services de santé, en termes d’accouchement assisté, mais également en termes de santé de la mère. 
 
Au nombre des progrès enregistrés, figurent les efforts d’amélioration de la prise en charge de la santé mentale au niveau du centre de Djinkoré, structure réhabilitée avec l’appui du ministère de tutelle depuis la série de tueries de malades mentaux de 2015.
 
Récemment, le personnel communautaire qualifié a été renforcé au niveau de cette structure avec l’appui du conseil départemental. 
 
Si l’on croit le médecin-chef régional, le centre de Djinkoré "est stratégique, non seulement pour Tambacounda, mais pour toute la sous-région". "Nous pensons que pour cette année 2018, les efforts vont continuer à ce niveau", a noté Habibou Ndiaye.
 
Il a fait part de son espoir d’une meilleure prise en charge de la santé mentale, avec l’implication des structures décentralisées. 
 
La CMU a pour sa part permis de renforcer l’utilisation des services de santé par les moins de cinq ans notamment, même s’il y a "des difficultés encore dans le remboursement des factures". 
 
Il a signalé au passage que le ministre de la Santé avait donné l’assurance que les factures dues aux structures sanitaires de la région seront réglées "d’ici quelques semaines".
 
Malgré ces performances, il y a des contraintes, au nombre desquelles l’inaccessibilité de certaines zones. Ce qui a amené les autorités sanitaires à renforcer la carte sanitaire, en se focalisant sur le Boundou. M. Ndiaye relève en outre que la situation de la logistique roulante reste aussi "délicate", malgré les dotations en véhicules et en motos.
 
Il a de même déploré la faible contribution des collectivités locales à la marche de l’hôpital régional, dont les charges sont selon lui supportées essentiellement par les populations et le fonds de dotation qui arrive avec du retard.
 
S’agissant des perspectives, il a annoncé que les centres de santé vont mettre en place des dépôts de sang, lesquels avaient commencé à être créés en 2016 à Koumpentoum. 
 
En 2017, Dianké Makha et Goudiry ont obtenu leur structure de stockage et récemment, deux autres dont Kidira ont eu la leur, a renseigné le médecin-chef de région, selon lequel ces dépôts permettent de moins évacuer sur l’hôpital régional, les hémorragies étant les premières causes de décès dans la région.
 
 

ADI/BK