Soulèyemane Niang prône un ’’journalisme de situation’’ et ’’mis en perspective’’
APS
SENEGAL-MEDIAS-EVOLUTION

Soulèyemane Niang prône un ’’journalisme de situation’’ et ’’mis en perspective’’

Dakar, 26 mars (APS) - Le journaliste Souleymane Niang a préconisé mardi à Dakar le passage d’un journalisme purement factuel à un journalisme de situation pour une meilleure mise en perspective de l’information.
 
 
’’L’évolution survenue sur les médias, avec ces masses importantes d’informations qui arrivent aux citoyens par des canaux autres que les médias traditionnels, indique que l’on doit passer d’un journalisme purement factuel à un journalisme situationnel ou contextuel’’, a le directeur de l’information du Groupe futurs médias.

Il s’exprimait à l’ouverture de la première matinée des médias du Centre des hautes études de défense et de sécurité ( CHEDS). Le thème central de cette rencontre portait sur "Médias, paix démocratie et stabilité : le cas du Sénégal".

Dans sa communication axée sur ’’rôle des médias et perception par les différents groupes’’, M. Niang a souligné que cette tendance à privilégier le factuel découle du rôle assigné aux médias.

La volonté de mettre en perspective l’information à travers des analyses et des commentaires relèverait du rôle acquis du journaliste.

’’Le journaliste de profession n’a plus le monopole de la diffusion de l’information’’,a t-il dit, soulignant que le rôle du journaliste ne peut plus se limiter à transmettre l’information, mais à la mettre en contexte et ainsi susciter un débat autour.

’’Jusqu’à une époque assez récente, les médias constituaient de canaux d’impulsion de nouvelles idées ayant trait notamment au développement économique’’, a fait remarquer le panéliste.

Devant ces information qui arrivent en masse aux citoyens à travers notamment les réseaux sociaux, Souleymane Niang a estimé que ’’le plus grand danger qui pèse sur nos sociétés actuelles est la problématique des fake news (fausses informations).’’

A cet effet, il a appelé à une ’’synergie d’actions’’ entre forces de défense et de sécurité et les médias pour mieux combattre ce fléau.

Interrogé sur le regard et la perception de la société sur les médias de nos jours, M. Niang dit noter que la presse garde toujours une certaine estime, même si au niveau mondial ’’son crédit est extrêmement bas’’.

’’Il ne devrait pas y avoir de hiatus entre la presse et la société qu’elle reflète’’, a-t-il soutenu.

A en croire M. Niang, avec ce ’’soupçon ambiant’’, on assiste à une ’’démolition d’un pilier important de la démocratie.’’

Face à cette méfiance, Soulèyemane Niang recommande la ’’posture professionnelle’’, qui à elle seule vaut protection, selon lui. Il a insisité sur le fait que le métier de journaliste doit nécessairement faire appel à des ressources ou valeurs individuelles et personnelles.

Le représentant du Directeur du CHEDS, le colonel Mamadou Sambe, s’est pour sa part félicité de cette rencontre d’échanges avec les médias. Il a par la même occasion magnifié cette ouverture aux médias pour mieux partager certaines questions liées aux enjeux sécuritaires. 

SMD/OID/AKS