Consommation de drogue : les réponses pénales ’’pas adaptées’’ (juriste)
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SENEGAL-SOCIETE

Consommation de drogue : les réponses pénales ’’pas adaptées’’ (juriste)

Saint-Louis, 27 nov (APS) - Les réponses pénales ne sont pas efficaces contre la consommation de drogue, si l’on tient compte du nombre important de personnes en détention pour ce délit, a souligné, mardi, le professeur Bissane Ngom, directeur de l’Unité de formation et de recherche (UFR) des sciences juridiques et politiques de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis.

Les réponses pénales "ne sont pas une solution efficace pour freiner la consommation de drogue", si l’on sait que les prisons sont remplies de personnes détenues pour ce délit, a-t-il dit.
 
Le professeur Ngom s’exprimait à l’ouverture de la 2e édition du Cours ouest-africain sur les droits humains et les politiques de lutte contre la drogue en Afrique francophone, en présence de chercheurs venus de plusieurs pays africains.
 
Selon lui, les cours de cette deuxième édition sont orientés de manière à apporter "des réponses" à la consommation de drogue en Afrique francophone, qui se présente comme une zone de transit et de consommation de drogue.
 
L’enjeu de cette rencontre réunissant chercheurs et experts, "est de montrer que les réponses pénales ne sont pas efficaces et les peines de prison ne permettent pas de réduire’’ la consommation de drogue au Sénégal notamment, "malgré l’application la loi Latif Guèye, qui apporte un certain nombre de réponses pénales qui ne sont toujours pas efficaces", a-t-il dit.
 
La loi Latif Guèye, portant criminalisation du trafic international de drogue dure, a été adoptée en 2007 par le Parlement sénégalais, Assemblée nationale et Sénat réunis.
 
Suivant les dispositions de cette loi, la fourchette de peines encourues par les personnes poursuivies pour trafic de drogue est comprise entre 10 et 20 ans de travaux forcés, plus une amende égale au triple de la valeur de la drogue saisie. 
 
En matière de drogue, "il y a ceux qui l’utilisent pour s’amuser et d’autres qui s’y adonnent parce qu’ils en sont dépendants, malgré les dispositions pénales" en vigueur, estime Bissane Ngom, coordonnateur de cette rencontre.
 
A l’en croire, "de nouvelles pistes sont désormais proposées pour répondre à cette problématique, et l’Etat l’a bien compris puisqu’un plan stratégique de lutte contre la drogue a été adopté en octobre 2016’’, lequel "prévoit des réponses à caractère médicale et sociale dans le cadre de la réponse pour la réduction des risques".
 
BD/BK