Risques de catastrophe : le Sénégal a reçu 40 millions de dollars de l’ARC depuis 2014
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Risques de catastrophe : le Sénégal a reçu 40 millions de dollars de l’ARC depuis 2014

Dakar, 9 sept (APS) - Le Groupe African Risk Capacity (ARC), mutuelle panafricaine de gestion des risques, dont le rôle consiste en la mise en œuvre d’un mécanisme de financement des risques de catastrophes, a accordé au Sénégal des indemnités de l’ordre de 40 millions de dollars depuis 2014, pour le compte de 7 contrats d’assurance, soit plus de 22 milliards de francs CFA, a-t-on appris de ses responsables. 

Le Sénégal a versé depuis 2014 quelque 22,2 millions de dollars de primes d’assurance et reçu des indemnités de l’ordre de 40 millions de dollars, a indiqué le nouveau directeur général de la mutuelle panafricaine, le Sénégalais Ibrahima Cheikh Diong, mercredi à Dakar, au cours d’une conférence de presse. 

Sur la base de son profil de risque, le Sénégal a versé 3 millions de dollars tous les ans depuis 2014, recevant en retour 40 millions de dollars, 16 millions en 2014 et 23 millions en 2019, a détaillé Massamba Diop, coordinateur de l’ARC pour le Sénégal.
 
La mutuelle panafricaine de gestion des risques, créée en 2012 par l’Union africaine, est une agence spécialisée qui a pour but d’aider les pays africains à bien anticiper et gérer les catastrophes naturelles. 
 
L’ARC se présente ainsi comme "une solution africaine qui permet de répondre aux impacts des évènements climatiques extrêmes. Cette solution consiste en la mise en œuvre d’un mécanisme de financement des risques de catastrophes aidant les États membres à améliorer leur capacité de planification, de préparation et de réponse face aux changements climatiques, protégeant ainsi la sécurité alimentaire de leurs populations les plus vulnérables’’, selon un communiqué.
 
"C’est une offre intégrée, holistique et elle consiste, outre les réponses financières, à offrir un appui technique qui permet à nos Etats d’avoir une meilleure visibilité sur leur profil de risque en rapport avec les changements climatiques, de renforcer leurs capacités et à être prêts une fois que la catastrophe a lieu", selon son nouveau directeur général.
 
M. Diong, élu à l’unanimité des membres de la conférence des parties de l’ARC en juin 2020, en remplacement du Guinéen Mohamed Béavogui, précise que l’ARC "n’offre pas que des polices d’assurances mais plutôt des services intégrés" à l’endroit de ses pays membres.
 
A travers sa filiale financière ARC Limited (Ltd), la mutuelle panafricaine permet à ses pays membres d’avoir suffisamment de ressources financières de telle sorte que les premières aides qu’on apporte aux populations en cas de catastrophes proviennent de l’Etat et de l’assurance souveraine qu’offre l’ARC.
 
"De 2014 à ce jour, 62 contrats d’assurance ont été signés par les États membres représentant 101.7 millions USD de primes versées pour une couverture d’assurance totale de 722 millions USD en vue de la protection de 72 millions de personnes vulnérables dans les pays participants", a révélé Lesley Ndlovu, directeur exécutif de ARC Limited.
 
Outre la couverture d’assurance qu’elle offre, l’ARC prévoit également de lancer en 2021 un nouveau produit destiné à aider les pays membres à lutter contre les inondations. 
 
Ce produit est déjà en phase pilote en Côte d’Ivoire, au Ghana, en Gambie et au Togo et sera disponible pour tous les Etats membres, selon les responsables de l’ARC. 
 
De même, l’ARC, en collaboration avec le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies (Africa CDC) est en train de travailler sur des outils de modélisation COVID-19 pour l’Afrique afin de permettre à ses membres de mieux gérer cette pandémie et de venir en aides aux populations qui en ont le plus besoin, ajoutent-ils.
 
La question liée au genre dans un contexte de gestion des risques de catastrophes est aussi une des thématiques phares de l’institution. 
 
Aussi la mutuelle panafricaine intègre-t-elle "systématiquement une perspective de genre dans ses opérations et politiques dans le but de transformer les approches de gestion des risques de catastrophes pour garantir l’égalité entre les femmes et les hommes vulnérables dans les États membres de l’ARC".

BK/ASG