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SENEGAL-FRANCE-MEDIAS

RFI a "renforcé la sécurité autour de ses reporters depuis Kidal" (directrice)

Dakar, 3 nov (APS) - Les risques sécuritaires ont amené radio France internationale (RFI) à mettre en place de "fortes procédures’’ pour "un maximum de sécurité" pour ses reporters, depuis l’assassinat de ses agents Ghislaine Dupont et Claude Verlon, le 2 novembre 2013 à Kidal, au nord du Mali, assure Cécile Mégie, directrice de cette radio publique française à diffusion internationale.
 
"L’évolution du risque nous a aussi obligés à mettre en forme de façon encore plus forte nos procédures de sécurité pour les reportages en terrain difficile et en terrain à risqué", a-t-elle déclaré jeudi soir à Dakar, lors de cérémonie de remise de la quatrième "Bourse Ghislaine Dupont et Claude Verlon".
 
Cette bourse, en hommage à ces deux reporters de RFI assassinés le 2 novembre 2013 à Kidal, dans le nord du Mali, récompense chaque année, dans un pays d’Afrique, un(e) jeune journaliste radio et un(e) jeune technicien(ne) de reportage.
 
L’édition 2017 a récompensé un journaliste de Radio Sénégal (publique), Arona Diouf, et une technicienne de la même chaîne, Nicole Diédhiou.
 
Selon Cécile Mégie, le groupe France médias monde, composé de RFI, France 24 et Monte Carlo Doualiya, enregistre désormais l’arrivée en son sein d’un responsable de la sureté, sans compter qu’il dispose dans le même temps d’une "cartographie des risques dans le monde".
 
"On a une mappemonde et on voit les zones les plus dangereuses, et quand on souhaite partir en reportage parce qu’il y a un intérêt éditorial dans ces zones, on met une procédure qui nous permette d’assurer notre sécurité", a expliqué la directrice de RFI.
 
 
Elle relève que "l’évolution du risque fait que les journalistes ne sont plus des témoins mais des cibles dans beaucoup de parties du monde".
 
À RFI, "nous avons déjà payé un très lourd tribut, la mort de Ghislaine et Claude est venue s’ajouter à celle de Johanne Sutton en 2001 en Afghanistan, de Jean Hélène en 2003 en Côte d’Ivoire", a détaillé Cécile Mégie.
 
"Il était essentiel de mettre en place ces procédures de préparation des missions, du suivi des missions et de retour d’expériences après les missions, même si nous savons que le risque zéro n’existe pas, (…), nous savons aussi qu’aucun reportage ne vaut une vie", a-t-elle estimé.
 
"Il y a des zones où nous ne pouvons pas aller parce que nous n’arrivons pas à assurer notre sécurité suffisamment, mais Il y a la mise en place de procédures, de structures qui permettent de continuer à faire notre métier de journaliste", a souligné Mme Mégie.
 
La directrice de RFI invite la corporation à réfléchir sur comment protéger la pratique du journalisme et les acteurs de ce métier au quotidien.
 
"Si nous cédons, si nous décidons que nous n’irons pas dans certaines zones parce que c’est dangereux, si nous ne réfléchissons pas à comment protéger notre métier de journaliste, nous ne sommes plus des journalistes", fait-elle valoir.
 

FKS/BK