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AFRIQUE-DROITS HUMAINS

"Déni de l’esclavage et répression des militants des droits humains en Mauritanie" (AI)

Dakar, 22 mars (APS) – Les autorités mauritaniennes persistent à nier le problème de l’esclavage et répriment en même temps les défenseurs des droits humains, selon le directeur d’Amnesty International Afrique de l’ouest et du centre, Alioune Tine.

"Bien que de solides éléments attestent du caractère persistant et solidement enraciné de l’esclave, et de la discrimination, les autorités mauritaniennes persistent à nier le problème de l’esclavage, et répriment également les défenseurs des droits humains qui contestent ce discours officiel", a-t-il déclaré.

Alioune Tine s’exprimait ainsi à l’occasion de la publication du rapport de Amnesty international "Une épée au-dessus de nos têtes : la répression des militants qui dénoncent la discrimination et l’esclavage en Mauritanie".

Le rapport a été déjà présenté aux autorités mauritaniennes dont le président de la République, le ministre de la Justice et la Commissaire aux droits de l’homme et de l’action humanitaire, a-t-il souligné.

Selon Alioune Tine, ce rapport a été établi sur la base de trois missions de recherches menées en Mauritanie, notamment à Nouakchott, Nouadhibou et Aleg.
 
Le document révèle que depuis juin 2014, "les autorités mauritaniennes déploient tout un arsenal de mesures répressives à l’encontre des défenseurs des droits humains qui dénoncent ouvertement, l’esclavage et les discriminations en Mauritanie."
 
Selon le chercheur au bureau régional Afrique de l’ouest d’Amnesty international, François Patuel, "les autorités mauritaniennes font souvent usage d’une force excessive à l’encontre de nombreux manifestants pacifiques, dont des défenseurs des droits des femmes, provoquant de graves blessures telles fractures et traumatismes crâniens".

A l’en croire, l’esclavage et la discrimination sont "toujours monnaie courante" en Mauritanie, bien que l’esclavage ait été officiellement aboli en 1981, érigé en infraction en 2017 et élevé au rang de crime contre l’humanité en 2012.

Selon le chercheur au bureau régional Afrique de l’Ouest d’Amnesty international, "il n’existe pas de données officielles sur cette pratique".
 
 

MK/OID/ASB