Plaidoyer pour la création d’une agence de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments
APS
SENEGAL-CONSOMMATION

Plaidoyer pour la création d’une agence de contrôle de la sécurité sanitaire des aliments

Dakar, 15 oct (APS) – Le professeur Babacar Diouf, président du comité national du Codex alimentarius, a plaidé, vendredi, pour la mise en place d’une agence nationale de contrôle de la sécurité des aliments consommés ou produits au Sénégal.
 
’’Ce qu’il faudrait pour prendre en compte ce volet important dans la santé des populations, c’est de mettre en place une agence nationale, peu importera son appellation, qui sera capable de coordonner toutes les actions des différents ministères concernés, pour une meilleure efficacité du contrôle sur la sécurité sanitaire des aliments, effectué jusqu’ici de manière éparpillée’’, a-t-il déclaré.
 
Babacar Diouf s’exprimait ainsi, à la cérémonie de clôture de l’atelier de formation sur le contrôle et la surveillance sanitaire des aliments pour les services de contrôle officiels et autres parties prenantes du système national de contrôle des aliments au Sénégal.
 
Cette rencontre de quatre jours a été organisée par le Codex alimentarius (ou Codex alimentaire), un programme commun de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) consistant en un recueil de normes qui ont pour objet la sécurité sanitaire des aliments.
 
’’La sécurité sanitaire des aliments, c’est pour assurer aux populations que les denrées alimentaires qu’elles consomment au quotidien ne contiennent pas de produits susceptibles d’entrainer une quelconque maladie’’, a-t-il fait savoir.
 
Selon lui, même s’il existe un dispositif de contrôle au Sénégal avec des laboratoires et des ressources humaines de qualité, les analyses effectuées sur ces produits ne sont pas cohérentes.
 
’’Donc, ce que nous cherchons ici, c’est de continuer à travailler avec toutes les autorités compétentes qui ont en charge la sécurité sanitaire des aliments, afin qu’il y ait un dispositif de coordination et de priorisation, pour déterminer quels sont les aliments qu’il faudra contrôler, en faisant un focus sur les produits de grande consommation, et quels sont les types de contrôle qu’il faut faire’’, a-t-il indiqué.
 
Selon le docteur vétérinaire Mamadou Ndiaye, expert en sécurité des aliments au bureau de la FAO au Sénégal, ’’aucun pays au monde n’a les moyens d’effectuer un contrôle total sur tous les produits de consommation autorisés’’.
 
’’Vu qu’on n’a pas assez de moyens financiers, ni assez de ressources matérielles et humaines pour couvrir toutes les activités de contrôle, ce qu’il faut dans un premier temps, c’est évaluer les risques’’, a expliqué M. Ndiaye.
 
Pour ce faire, a-t-il dit, ’’il est important pour chaque pays de mettre ensemble, d’un point de vue multisectoriel, les experts, et réfléchir à quels sont les aliments importants, et pour chacun de ces aliments, réfléchir à quels sont les dangers les plus importants et orienter le peu de moyens disponibles pour le contrôle de ces risques-là’’.
 
’’C’est l’exercice qu’on a fait pour les quatre jours où on a réuni l’ensemble des parties prenantes, à savoir les contrôleurs des secteurs publics et privés, des experts en laboratoire et des experts universitaires pour réfléchir d’abord sur une liste d’aliments prioritaires pour le Sénégal’’, a-t-il souligné.
 
Selon lui, il appartient également à ces experts réunis de déterminer parmi ces différents aliments répertoriés, lesquels présentent les risques les plus importants, avant de développer une méthodologie permettant de les classer en fonction des niveaux de risques.

MK/OID/ASG