Casamance : Paris préconise un plaidoyer international pour la relance du déminage
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SENEGAL-FRANCE-SECURITE

Casamance : Paris préconise un plaidoyer international pour la relance du déminage

Ziguinchor, 1er mars (APS) – La France n’écarte pas de faire un plaidoyer pour sensibiliser la communauté internationale sur la nécessité de relancer les opérations de déminage en Casamance (sud) en vue de réussir l’objectif de "zéro mine en 2021" que s’est fixé l’Etat du Sénégal, a déclaré, jeudi, à Ziguinchor, son ambassadeur au Sénégal Christophe Bigot. 
 
"La question du déminage en Casamance a été portée par plusieurs pays notamment l’Italie, la Suède, la Norvège, l’Afrique du Sud, les Etats unis d’Amérique et le Canada. Depuis quelques années tous ces pays se sont retirés. Il faut voir comment les faire revenir autour d’un plaidoyer international pour la relance du déminage", a préconisé M. Bigot qui séjourne dans la zone sud du pays depuis lundi.
 
Il s’exprimait jeudi au cours d’un point de presse à la suite d’une visite de terrain sur des sites dans le cadre du déminage en Casamance en compagnie de plusieurs acteurs dont les représentants de l’ONG Humanité et Inclusion (HI, ex Handicap International), les responsables du Centre national d’action antimines au Sénégal (CNAMS) et des représentants de la société civile.
 
La question du déminage est un sujet majeur pour la Casamance où l’on estime que plus de 200 sites restent à déminer ou à prospecter, a estimé le diplomate français qui va tenir des séances de travail avec les autorités locales, les représentants de la société civile investis dans ce domaine, ainsi que les responsables de la structure des victimes de mines.
 
"Il importe de définir les termes d’un plaidoyer international pour obtenir un financement sénégalais mais aussi un financement international", a poursuivi Christophe Bigot, déplorant le fait que "seul HI soit l’unique opérateur sur le terrain pour continuer le déminage".
 
"La communauté internationale est sensible pour ces genres d’opérations. Il y a un objectif de +zéro mine+ en 2021, mais il faudrait définir une stratégie, élaborer un calendrier et se lancer dans la recherche de moyens et de financements pour mieux entreprendre les opérations de déminage", a préconisé l’ambassadeur de la France au Sénégal.
 
A Ziguinchor, Christophe Bigot s’est rendu dans plusieurs sites et assisté à des séances de démonstration des experts en vue de faire le "constat et de se faire une idée de la situation parce que le déminage constitue un travail de longue haleine qui nécessite de discuter avec plusieurs partenaires".
 
"Nous en sommes à l’étape d’examen de la situation en collaboration avec le CNAMS et HI. Nous allons vers l’élaboration d’une stratégie sur la base d’un calendrier et des objectifs qui tiennent compte des réalités sur le terrain", a insisté M. Bigot qui a multiplié les déplacements dans la partie sud du pays depuis sa prise de fonction en juin 2016.
 

MTN/ASB