Paludisme : l’Université Cheikh-Anta-Diop convainc l’OMS de l’efficacité des ACT
APS
SENEGAL-SANTE-RECHERCHE

Paludisme : l’Université Cheikh-Anta-Diop convainc l’OMS de l’efficacité des ACT

Dakar, 16 fév (APS) – L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de traiter le paludisme avec les ACT, les "combinaisons à base d’artémisinine", sur la base de résultats obtenus par le service de parasitologie-mycologie de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (UCAD), a-t-on appris jeudi auprès de ce centre de recherche médiale.

Ce service faisant partie de la faculté de médecine de l’UCAD a "démontré l’efficacité" des ACT contre le paludisme, selon son chef, le professeur de parasitologie Oumar Gaye.
 
Les résultats obtenus ont conduit l’OMS à s’inspirer de l’expérience de l’Université Cheikh-Anta-Diop et à encourager le traitement de cette maladie par les "combinaisons à base d’artémisinine", a dit M. Gaye.
 
Il s’entretenait avec des journalistes, à Dakar, en marge d’une rencontre avec des parasitologues maliens et camerounais venus s’inspirer de l’expérience de l’UCAD dans cette spécialité médicale.
 
"C’est le service de parasitologie de la faculté de médecine [de l’UCAD] qui a démontré l’efficacité des ACT dans le traitement du paludisme, en 2006", a-t-il rappelé.
 
Selon Oumar Gaye, l’usage des "combinaisons à base d’artémisinine" est "une révolution" dans la lutte contre le paludisme.
 
Les recherches sur les ACT ont été menées à Dakar après le constat selon lequel la chloroquine, longtemps utilisée contre cette maladie, "n’était plus efficace", selon M. Gaye. "Il fallait changer."
 
Les "combinaisons à base d’artémisinine" ont permis d’apporter des changements à la fois sur le diagnostic et le traitement du paludisme, a souligné le médecin.
 
Grâce aux ACT, a signalé Oumar Gaye, le Sénégal recourt aux tests de diagnostic rapides (TDR), une méthode largement vulgarisée dans le pays pour diagnostiquer la maladie.
 
"Avec la collaboration de nos confrères du Mali, le service de parasitologie-mycologie a démontré que pour prévenir le paludisme chez l’enfant, il faut de nouveaux outils, tels que la CPS, c’est-à-dire la chimio-prévention du paludisme saisonnier. Il s’agit de donner des médicaments à l’enfant âgé entre zéro et 10 ans, pendant trois mois, pour diminuer le paludisme", a expliqué le professeur Gaye.

"L’Afrique subsaharienne compte pour une part importante (…) de la charge mondiale du paludisme. En 2015, on dénombrait 90 % des cas de paludisme et 92 % des décès dus à la maladie dans cette région", indique le "Rapport 2016 sur le paludisme dans le monde".
 
Selon cette publication de l’OMS, les enfants de moins de 5 ans sont particulièrement vulnérables à la maladie et représentent environ 70 % de l’ensemble des décès causés par le paludisme.


YB/ESF