Malem Hodar : un émigré se reconvertit dans l’agriculture et l’élevage
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Malem Hodar : un émigré se reconvertit dans l’agriculture et l’élevage

Tivaouane Delbi (Kaffrine), 29 oct (APS) - Moussa Ndao, un natif de Tivaoune Delbi, dans la commune de Dianké-Souf (département de Malem Hodar), est un des rares exemples de migrants sénégalais ayant choisi de se reconvertir dans l’agriculture et l’élevage, après avoir travaillé pendant 10 ans comme maçon en Italie.
 
Un choix que l’intéressé est loin d’avoir regretté, car étant aujourd’hui considéré comme "l’une des meilleures décisions" qu’il a eu à "prendre dans sa vie", aux yeux de certains.
 
S’entretenant avec le gouverneur de Kaffrine, William Manel, dans le cadre d’une tournée économique, le migrant de retour a partagé sa fierté d’être à la tête d’une exploitation de 50 hectares d’arachide, de 30 hectares de mil et de 10 hectares de sorgho.
 
Dans le domaine de l’élevage, l’ancien émigré est aujourd’hui à la tête d’un troupeau de sept chevaux, trois asines, 50 bovins pour l’embouche et 100 moutons et chèvres.
 
"Après cinq ans à Dakar et dix ans en Italie, j’ai décidé de rentrer définitivement au bercail. Et pour mon retour au Sénégal, plus précisément à Tivaoune Delbi, entreprendre dans l’agriculture et dans l’élevage a été mon option d’investissement (…). Effectivement, ce sont les créneaux dans lesquels je me suis lancé dès mon retour. Aujourd’hui, je ne regrette rien, même si le début a été très difficile", confie-t-il. 
 
A 50 ans, Ndao est convaincu que le Sénégal recèle un grand potentiel agricole, "avec une terre fertile".

"La jeunesse doit donc s’y investir. Je fais partie de ceux qui croient que pour s’enrichir, il n’est pas nécessaire de s’expatrier", déclare-t-il. 
 
"Ce que je gagne aujourd’hui dans mon village natal dépasse de loin ce que je gagnais durant mes dix ans en Italie. Nous pouvons rester, travailler la terre et gagner notre vie", ajoute Moussa Ndao, dont la microentreprise emploie 17 jeunes.
 
Selon l’enfant de Tivaouane Delbi, dans la région de Kaffrine, "la terre peut bel et bien régler les problèmes de chômage, d’émigration clandestine et tous les problèmes liés à une jeunesse désespérée".

Il appelle le gouvernement à davantage œuvrer au développement de l’agriculture et de l’élevage au Sénégal.
 
"Les jeunes doivent penser à s’investir dans la terre. Il suffit juste de croire en soi pour réussir sa vie", estime-t-il. 
 
Le gouverneur de Kaffrine, William Manel, ne cache pas son admiration pour l’ancien émigré. 
 
"Moussa Ndao est un jeune Sénégalais dont le mérite et l’exemple sont à montrer partout dans le pays. C’est un jeune qui avait quitté le pays et qui est parti à l’émigration légal en Italie pendant dix ans. Il y a travaillé, mais il a tout laissé derrière lui pour rentrer chez lui et s’investir dans l’agriculture et l’élevage", se réjouit-il.
 
Ce migrant de retour est aujourd’hui à la tête d’une microentreprise constituée de lots consacrés à l’agriculture et au pâturage, a-t-il noté. 
 
"Tout cela montre qu’on peut bel et bien travailler chez lui et y réussir. C’est un bel exemple que nous aimerions montrer à la jeunesse. Au lieu de prendre certains risques qui peuvent être mortels, il y a lieu de s’inspirer de cet exemple", exhorte le chef de l’exécutif régional.
 
"Ce jeune est en train de gagner sa vie dans son village natal. Aujourd’hui, grâce à la terre et à l’élevage, il vit dans la paix et la stabilité. C’est une référence pour la jeunesse du pays", acquiesce le maire de la commune de Dianké-Souf, Seydou Ndiaye.

MNF/ASG/BK