Mabigué Ngom :
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Mabigué Ngom : "Trouver des angles d’attaque stratégiques face à la multiplicité des problèmes de population"

Dakar, 1er nov (APS) - Le directeur régional du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Mabigué Ngom, a souligné la nécessité pour le continent africain de "trouver des angles d’attaque stratégiques face à la multiplicité des problèmes de population".
 
"C’est assez compliqué. Maintenant, la réflexion sur l’intégration nous permet de trouver des angles d’attaque stratégiques de ces questions", a-t-il déclaré à l’APS, en évoquant cette question comme un enjeu de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD+ 25) qui se tient à Nairobi (Kenya) du 12 au 14 novembre.

"C’est comme un arbre à problème. Il faut avoir un peu regard stratégique sur la multiplicité des problèmes qui existent", a souligné le directeur régional de l’UNFPA, en perspective de la prochaine CIPD axée sur le thème : "Accélérer les promesses".

Selon Mabigué Ngom, "il faut un partenariat global pour pouvoir aider certains pays à faire face à ces difficultés". Il note par exemple que la question de la mortalité maternelle "peut être réglée en agissant sur la planification familiale, en travaillant davantage sur la question du mariage des enfants".

"Ce sont des chemins qui nous permettent d’être beaucoup plus efficaces dans ce que nous faisons. Si l’on veut régler la question de la croissance économique inclusive, il faut agir sur la variable population et faire en sorte que l’on mette un terme à cette transmission intergénérationnelle de la population", a indiqué le directeur régional du FNUAP.

"En mettant par exemple les filles à l’école, on investit dans la création de richesses additionnelles, dans l’amélioration de la productivité, des droits entre autres qui permettra de sortir de la pauvreté", a-t-il ajouté.

Selon lui, le thème de la prochaine CIPD de Nairobi "est une manière d’accepter que nous avons encore du travail à faire. La deuxième chose est le fait que nous n’avons pas été capables de finir cet agenda de 1994, ce qui explique en partie pourquoi nous avons tous ces problèmes à travers le monde".

En 1994, à l’issue de la Conférence CIPD du Caire, à laquelle avaient participé 11 000 représentants de gouvernements, d’organisations non gouvernementales (ONG), d’agences internationales et de militants, un consensus jugé sans précédent avait été trouvé.

Le Programme d’action du Caire (PDA) se voulait d’autant plus ambitieux et contient plus de 200 recommandations pour cinq objectifs étalés sur 20 ans dans les secteurs de la santé, du développement et du bien-être social

Les gouvernements ont en effet reconnu que les politiques démographiques devaient prendre en considération le développement social au-delà des services de la planification familiale, et plus particulièrement la promotion de la femme, et que la planification familiale devait être offerte dans le cadre d’un train de mesures plus complet sur la santé de la reproduction. 

La situation actuelle "oblige à accélérer la cadence parce que nous sommes pratiquement à 10 et 11 ans de la fin des Objectifs du développement durable. Nous savons tous que si nous ne travaillons pas, on n’y arrivera pas. Si nous le faisons pas les risques sont énormes sur la planète", a poursuivi le directeur régional du FNUAP.

"Il faut faire un pas de géant", autrement dit, "nous n’avons aucune chance d’aider l’Afrique à réussir son pari qui est d’améliorer les conditions de vie des populations d’ici 2030", a-t-il insisté, en invitant à ne pas commettre la même erreur que celle qui a été faite au sujet des Objectifs de développement durable (ODD).

"Si vous avez souvenance en 2013, il y avait des gens qui disaient qu’il restait mille jours. Nous devons apprendre de cette leçon en évitant de faire en sorte que l’on commence à accélérer pendant les derniers mille jours", a-t-il dit.

SKS/BK