UCAD : Les mobilisations ’’à bas bruit’’ au menu d’un colloque
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SENEGAL-SOCIETE

UCAD : Les mobilisations ’’à bas bruit’’ au menu d’un colloque

Dakar, 18 déc (APS) – La question des ’’mobilisations à bas bruit’’, se déroulant loin du bruit médiatique, est au cœur d’un colloque ouvert ce mercredi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
 
Les ’’mobilisations à bas bruit’’ peuvent jouer un rôle majeur dans la résolution de nombreux problèmes de société", ont mis en exergue des chercheurs, enseignants en sociologie lors d’une table-ronde sur cette problématique.
 
La question est au centre du colloque ‘’Les mobilisations à +bas bruit+ : de nouvelles promesses de changement’’, ouvert à l’initiative du département de Sociologie de l’UCAD.
 
L’objectif est ’’de poser le débat et se demander davantage si on ne pouvait pas considérer que les mobilisations puissent se faire sous l’ombre, sans radars’’, selon les organisateurs.
 
’’On a du point de vue scientifique jusqu’ici beaucoup mis en évidence des mobilisations qui ont la particularité de se construire sur l’espace politique, publique ou médiatique, mais les mobilisations sans bruit jouent également un rôle salvateur’’, a expliqué Ivan Sain Saulieu, enseignant à l’université de Lille (France), modérateur de la table-ronde.
 
’’C’est l’exploration d’un questionnement sur la possibilité de redéfinir le concept de mobilisation’’, a-t-il souligné.
 
La table-ronde introductive a mis l’accent sur les domaines de l’environnement, la santé et l’éducation pour donner des exemples concrets de mobilisations ‘’à bas bruit’’.
 
Selon l’enseignant-chercheur au département de sociologie, Tidiane Ndoye, ’’il y a eu toujours la mobilisation à bas bruit des communautés pour améliorer leurs conditions de vie en utilisant leurs propres ressources’’.
 
Il a cité en particulier des phénomènes de mobilisations à bas bruits qui émergent dans la sphère du religieux et qui jouent un rôle entre l’Etat et les communautés. 
 
En Afrique particulièrement, acteurs religieux, politiques et économiques peuvent interagir voire se confondre dans ce cadre, a-t-il souligné.
 
Toutefois, a souligné Ndoye, ’’l’intervention de la sphère publique, politique et médiatique est plus ou moins structurante et décisive dans certains cas comme dans le domaine de la santé où l’Etat et les médias jouent un rôle très important pour les prises de décision et le changement de comportements au niveau des populations’’.
 
Pour un autre enseignant-chercheur, qui a donné quelques exemples de mobilisation ‘’à bas bruit’’ dans le domaine de l’éducation, ’’tantôt c’est l’opposition frontale qui est payante tantôt c’est plus le lobbying, l’utilisation de +réseaux souterrains+ qui est plus efficace ou les deux à la fois’’.
 
Selon Souleymane Gomis, il y a une sorte d’incompatibilité entre médias et mobilisations ‘’à bas bruit’’, relevant que dans la logique médiatique, il faut ’’rendre audible toute démarche or dans la mobilisation discrète, le secret est beaucoup mis en valeur’’.
 
Dans leurs communications, les intervenants à la table-ronde ont fait l’articulation entre ‘’mobilisations discrètes’’ et ‘’mobilisations publiques’’ pour s’interroger sur leur efficacité respective. 
 
L’idée était à travers ces communications d’avoir une approche comparative entre ces deux genres de mobilisations et leurs impacts sociologiques.
 
Prévu sur trois jours, le colloque se penchera également sur la question ’’droits des femmes et rapports de genre en Afrique : Les voies discrètes de l’autonomisation’’.


ADL/OID/ASB