Les conseils de Mankeur Ndiaye pour une
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MONDE-PAIX

Les conseils de Mankeur Ndiaye pour une "transition vers la paix durable"


Dakar, 29 juil (APS) – Le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Mankeur Ndiaye estime, que les missions de paix peuvent créer les conditions nécessaires pour une transition harmonieuse, un retrait et une sortie sans compromettre les efforts visant à atteindre les objectifs à long terme de la paix et de la stabilité, a appris l’APS.




"De l’expérience des pays sortis des conflits nous avons appris que la transition vers la paix durable est une entreprise très exigeante, qui plus est, requiert une planification à un stade précoce. Cette planification doit dûment tenir compte des conditions et objectifs à atteindre pour mettre un terme à une opération de maintien de la paix, assurer la transition vers un bureau de consolidation de la paix intégrée ou un autre type d’arrangement", a souligné jeudi à New-York (Etats-Unis), Mankeur Ndiaye.



Le ministre sénégalais des Affaires étrangères s’exprimait au débat public du Conseil de sécurité sur le thème "La consolidation de la paix en Afrique" organisé par le Japon.


"Il faudrait développer des activités de consolidation de la paix, dès les premières étapes de la vie des missions, en orientant les efforts vers le renforcement des capacités nationales, en s’attaquant aux problèmes profonds, ceux structurels et socio-économiques auxquels ces pays sont souvent confrontés, tout en favorisant le maintien d’un dialogue politique et une coordination efficace entre les différentes parties prenantes", a indiqué Mankeur Ndiaye.


Et le chef de la diplomatie sénégalaise d’ajouter qu’"il convient, en effet, de travailler à la création des conditions propices au transfert des fonctions aux pays concernés au moment du retrait des opérations de paix".


Selon Mankeur Ndiaye, "alors que les pays qui sortent d’un conflit ont besoin de financements importants pendant de longues périodes, le constat est que ceux-ci restent limités, irréguliers et imprévisibles".


"Or pour que la paix soit pérenne, il faut que le rétablissement de la sécurité aille de pair avec le développement économique", a relevé M. Ndiaye, estimant que "les leçons tirées des processus de consolidation notamment en Guinée Bissau, nous donnent la pleine mesure de cette dimension".


"L’exemple de la Mission de la CEDEAO en Guinée Bissau (ECOMIB) est un cas type qui renseigne sur les difficultés auxquelles les organisations régionales ou sous régionales africaines font face pour financer des actions de consolidation de la paix", a souligné Mankeur Ndiaye.


"Les pays en consolidation de la paix sont encore politiquement fragiles, leurs institutions sont souvent faibles, leurs économies vulnérables et leurs jeunes confrontés aux phénomènes du désœuvrement et du chômage. Ce sont souvent des pays où tout est à reconstruire", a renseigné le ministre sénégalais.


Il urge, selon M. Ndiaye, d’assister ces pays en matière électorale, en réforme judiciaire et du secteur de sécurité, dans le désarmement, la démobilisation et la réinsertion, les mesures de renforcement des systèmes de santé et d’éducation, la relance de l’activité économique, le soutien à l’agriculture et à la création d’emplois, notamment pour les jeunes.

PON/OID