La traite des personnes
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SENEGAL-SOCIETE

La traite des personnes "est entourée de silence", dénonce un officiel sénégalais

Kaolack, 9 juin (APS) - La traite des personnes, "troisième source de revenus illicites après le trafic d’armes et de stupéfiants", est pratiquée en silence au Sénégal, a dénoncé, mercredi, le secrétaire permanent de la cellule nationale de lutte contre la traite des personnes (CNLTP) du ministère de la Justice, Mody Ndiaye.
 
"Au Sénégal, on se pose encore la question est-ce que la traite des personnes existe parce qu’elle n’est pas visible. Elle n’est pas officielle, mais elle se déroule en silence", a-t-il fait remarquer, lors de l’ouverture, à Kaolack (centre), d’un atelier axé sur la traite et le trafic de migrants.
 
Cette rencontre de deux jours a notamment enregistré la participation des acteurs de la Justice, de la société civile et de la chargée de programme de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Clara Pérez.
 
Elle est organisée par le ministère de la Justice à travers la CNLTP, avec l’appui technique et financier de l’OIM.
 
"La traite des personnes constitue l’une des activités économiques les plus lucratives et les plus importantes à côté du trafic illicite de drogue et d’armes", estime Mody Ndiaye.
 
La traite des êtres humains, dont l’objectif est l’exploitation des êtres humains, "est une des formes de criminalité les plus violentes au monde", a-t-il poursuivi.
 
Il rappelle que ce phénomène se manifeste sous diverses formes telles que l’exploitation de la mendicité d’autrui, l’exploitation sexuelle, les servitudes domestiques et le travail forcé.
 
"Malgré les efforts notés de l’État du Sénégal, le phénomène persiste. C’est dans ce sens que cet atelier ambitionne de renforcer les capacités des acteurs locaux de la région de Kaolack sur l’identification et la protection des victimes et migrants objet de trafic", a expliqué Mody Ndiaye.
 
Il précise qu’il est attendu de cet atelier un renforcement des capacités sur le phénomène de la traite des personnes, des structures de prise en charge des victimes de traite des personnes, ainsi qu’une meilleure sensibilisation des pouvoirs publics.
 
L’atelier a aussi pour objectif d’améliorer la collaboration entre autorités d’enquête, de poursuite et de répression ainsi qu’avec les autorités administratives afin de mieux promouvoir le partage d’informations et le développement du partenariat avec la société civile.

MNF/AFD/ASG/BK