La santé doit avoir plus de place dans les négociations sur le climat (expert)
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AFRIQUE-ENVIRONNEMENT

La santé doit avoir plus de place dans les négociations sur le climat (expert)

De l’envoyée spéciale de l’APS, Adama Diouf Ly

Casablanca, 7 mars (APS) – La santé doit être au cœur des négociations sur le climat au vu des impacts sanitaires du changement climatique, estime le chef de la Division santé environnement au ministère de la Santé du Maroc. 
 
‘’Dernièrement, lors de la Conférence des parties (COP) tenue à Barcelone (Espagne), l’impact sanitaire des changements climatiques a été pris en considération au démarrage des négociations, mais, dans le processus, le financement alloué au secteur de la santé est très minime, a déploré Rachid Wahabi.
 
Il animait vendredi un atelier sur la question lors des travaux de la 3ème édition du Forum des ‘’Panafricaines’’, un réseau de femmes journalistes africaines.
 
Le chargé de l’évaluation des risques sanitaires liés à l’environnement au sein du réseau des évaluateurs de l’OMS en charge de cette question estime qu’‘’il faut travailler pour que le financement climat géré au niveau international puisse donner une part importante pour le secteur de la santé’’.
 
Citant l’OMS, il a rappelé que le changement climatique est responsable d’au moins 150.000 décès par an. Ce chiffre devrait selon lui doubler d’ici à 2030.
 
‘’Un pays qui se respecte et aspire à un développement économique et social doit mettre le citoyen au centre, mais on l’oublie souvent en étant dans de grands chantiers d’aménagement, d’exploitation de ressources naturelles et autres sans se soucier des incidences sur la santé des populations’’, a-t-il regretté.
 
Il affirme que ‘’le cœur de toutes les politiques publiques doit être d’abord la santé des citoyens qui doivent conduire le développement durable’’.
 
Il a rappelé que l’Organisation mondiale de la santé a recommandé aux autorités sanitaires des pays de se préparer aux impacts sanitaires futurs dus aux changements climatiques en termes de capacités humaines, d’équipements et d’infrastructures sanitaires et en construisant les hôpitaux dans les zones non inondables.
 
Rachid Wahabi relève que la question du changement climatique n’est pas suffisamment prise en compte, alors même que celui-ci a un impact direct et indirect sur la santé humaine. 
 
Son impact direct affecte d’abord la biologie humaine et se manifeste par des blessures, la morbidité et la mortalité causées par des catastrophes météorologiques, comme les cyclones, les inondations et les sécheresses, entre autres.Toutefois, le plus grand impact sanitaire du changement climatique se manifeste de façon indirecte avec surtout la malnutrition, les maladies tropicales négligées, la diarrhée et le paludisme.
 
‘’La pauvreté, l’insalubrité, la mauvaise gestion des déchets, le manque d’assainissement sont à l’origine de la prolifération des maladies tropicales négligées, qui sont les pathologies les plus communes touchant plus de 500 millions d’Africains’’, souligne un document remis aux participantes à l’atelier.
 
L’impact de ces changements climatiques devrait également se traduire par l’augmentation de la prévalence de certaines pathologies, comme le cancer de la peau, les maladies oculaires ou encore les troubles allergiques.

ADL/ASG