Changement de statut juridique : l’Agence ivoirienne de presse veut s’inspirer de son homologue sénégalaise
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SENEGAL–CÔTEDIVOIRE-MEDIAS

Changement de statut juridique : l’Agence ivoirienne de presse veut s’inspirer de son homologue sénégalaise

Dakar, 1er oct (APS) – L’Agence ivoirienne de presse (AIP) veut "s’inspirer" de la mutation que l’Agence de presse sénégalaise (APS) est en train d’opérer sur le plan juridique, dans le but de devenir une "autorité administrative autonome", a-t-on appris mardi de sa directrice générale, Oumou Sana-Barry.
"Il faut être autonome (…), les journalistes de l’AIP sont pressés d’aller vers une société d’Etat parce qu’ils ont peur", a-t-elle dit lors d’une visite de travail avec le directeur général de l’APS, Thierno Birahim Fall, à Dakar.
 
"Nous allons nous inspirer de votre modèle pour avancer. Nous voulons un modèle hybride (…). Nous voulons un statut d’autorité administrative autonome", a ajouté Oumou Sana-Barry.
 
La directrice générale de l’AIP, qui a visité l’APS en 2012, dit être "revenue" pour voir et "s’inspirer" du changement de statut juridique que l’agence sénégalaise a entamé. "Nous aimerions changer de statut, et nous sommes ici pour voir les réalités de l’APS", a-t-elle dit en présence de Thierno Birahim Fall. 
 
Elle fait allusion au statut de "société nationale" qu’aspire à adopter l’Agence de presse sénégalaise, un statut qui a fait l’objet d’un projet de loi adopté par le gouvernement en conseil des ministres, le 18 septembre.
 
Depuis sa création, le 2 avril 1959, l’APS était un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC). L’AIP, elle, est "un établissement public à caractère administratif, avec cinq sous-directeurs, trois rédacteurs en chef et cinq rédacteurs en chef délégués dont un pour les réseaux sociaux et le fact-checking", selon Oumou Sana-Barry.
 
L’Agence ivoirienne de presse compte seize chefs de bureau répartis dans le territoire de la Côte d’Ivoire, précise-t-elle.
 
Selon Oumou Sana-Barry, la Radio-Télévision ivoirienne (RTI) et le quotidien Fraternité Matin, tous deux des médias du service public, ont le même statut. "Pourquoi pas nous ?" se demande la directrice générale de l’AIP.
 
Thierno Birahim Fall, lui, estime qu’"il faut surtout une volonté étatique" pour changer les attributions juridiques des médias du service public.
 
"La mutation institutionnelle n’est pas une fin en soi. Il faut relever le défi de la pérennité et de la durabilité des ressources. Par exemple, dans un programme triennal ou quinquennal, l’Etat peut investir, mais il nous faut trouver des ressources propres, un mécanisme qui nous permet de générer des ressources et d’assurer la durabilité…" a dit M. Fall.
 
Il faut "une meilleure production et un contrat de performance" pour pérenniser le financement de l’Etat, dit-il. "Avec un contrat de performance, l’Etat peut augmenter son financement. Cela suppose des objectifs en termes de performances, de production de qualité. Il faut un engagement de tout le monde autour de cet objectif. Les ressources existent, le talent aussi. Il faut de la mobilisation", a souligné M. Fall.
 
Les directeurs généraux de l’AIP et de l’APS auront de nouveau une séance de travail, mercredi.

FKS/ESF