L’Intersyndicale de la SSPP
APS
SENEGAL-MEDIAS

L’Intersyndicale de la SSPP "Le Soleil’’ en ordre de bataille

Dakar, 20 oct (APS) – L’intersyndicale de la SSPP "Le Soleil’’, qui a suspendu toute discussion avec le directeur général Cheikh Thiam, a décidé, sur instruction de ses membres, de reprendre sa plateforme revendicative avec comme premier jalon le dépôt, lundi dernier, d’un préavis de grève à l’inspection du travail, a indiqué son secrétaire général, Chérif Thiam.

"Sur instruction de notre base, nous avons décidé de poursuivre notre plan d’action’’, a-t-il dit, précisant que l’une des étapes phares de ce plan a été le dépôt d’un préavis de grève à l’inspection du travail, à compter de ce lundi 16 octobre.

"C’est pourquoi, dans une dynamique unitaire, nous avons décidé de suspendre sine die toute discussion avec la direction générale jusqu’à nouvel ordre’’, a-t-il expliqué, lors d’un point de presse tenu ce jeudi dans les locaux du quotidien national "Le Soleil’’.

Il a indiqué que "sur les onze points de la plateforme revendicative datant du mois de mai dernier et qui tournent essentiellement autour d’une bonne gestion de la boîte, rien ou presque n’a bougé ; en dépit des engagements maintes fois réitérés de son directeur général de les satisfaire’’.

Il a rappelé que c’est à la demande de l’Etat du Sénégal, actionnaire majoritaire de l’entreprise, qu’ils avaient décidé, il y a quelques mois, de surseoir à leurs actions. Ces dernières consistaient, entre autres, au port de brassards rouges, en des concerts de sifflet, sit-in. Et même d’une journée d’interdiction d’accès à l’entreprise au directeur général était, selon lui, à l’ordre du jour.

Il a déclaré qu’après deux rencontres, à la Direction du travail, l’intersyndicale s’est rendue compte que le DG n’était pas dans les dispositions d’honorer ses engagements afin de trouver un dénouement heureux à cette crise.

A l’en croire, les choses, loin de connaître un début de solution, empirent et font craindre le pire aux travailleurs. En guise d’illustration, il a soutenu que "Le Soleil est resté toute une journée entière en ce mois d’octobre sans téléphone !’’.

En outre, le paiement des salaires accuse de plus en plus du retard. En dépit de tous ces problèmes de trésorerie, a-t-il encore accusé, il a mobilisé plus de 400 millions FCFA pour acheter du matériel complémentaire pour l’imprimerie qui tombe toujours en panne.

Il a aussi fait état de la location actuellement de deux véhicules à hauteur de 60 000 francs par jour pour le compte du DG et du PCA du groupe "Le Soleil’’. "Il s’y ajoute que "Le Soleil’’ débourse 700 000 FCFA chaque mois, depuis plus d’un an pour payer la location d’un local en ville, qui n’est pas occupé’’. Autant de charges qui d’après lui, impactent négativement les ressources financières de l’entreprise.

Il a enfin par ailleurs demandé la régularisation des travailleurs prestataires qui travaillent de manière permanente depuis plusieurs décennies au Soleil. 

Interpellé sur ces allégations, le directeur général de la SSPP "Le Soleil’’ a, dans un entretien téléphonique avec l’APS, réfuté en bloc toutes ces allégations, estimant que "leurs auteurs sont animées par d’autres intentions subjectives’’.

Concernant l’imprimerie, il a affirmé que cette dernière, contrairement à ce qui est avancé, est de dernière génération et a été acquise en 2013 pour la somme de 1 milliard 15 millions FCFA.

"Je fais appel à toute personne qui le désire de venir à mon bureau afin que je lui montre les quatre documents officiels qui attestent de la véracité de mes propos’’, a-t-il fait savoir.

Il en veut pour preuve ‘’le document d’immatriculation de ce marché à la Direction centrale des marchés publics (DCMP), son enregistrement aux impôts et domaines, la facture délivrée par le vendeur ainsi que le virement effectué par la banque’’.

S’agissant des prestataires, il a estimé que ce débat n’a plus sa raison d’être‘’. Sur les 30 prestataires qui restaient encore à enrôler, douze agents composés de quatre journalistes pigistes, quatre chauffeurs ont été régularisés ce mois de septembre en attendant le départ à la retraite de 8 personnes l’année prochaine afin d’utiliser leur masse salariale afin d’enrôler le reste.

‘’Depuis que je suis à la tête de cette direction, je recrute chaque année, au moins une dizaine d’agents’’, a-t-il martelé, indiquant que cette régulation ne saurait se faire d’un trait.

Concernant la location des deux véhicules, il a indiqué qu’il s’agit d’une location à longue durée à raison de 30 000 FCFA jour faite en attendant de lancer un appel d’offre lui permettant de trouver une nouvelle voiture après que la seule qu’il a eue en 6 ans a rendu l’âme.

‘’Nous avions fait un appel d’offres cette année pour acquérir deux voitures, mais il a été annulé. Et la loi interdit à ce qu’il y ait deux appels d’offres [...] la même année d’annulation’’, a-t-il justifié.

Sur les salaires, il a expliqué que c’est une loi qui dispose que les salaires doivent être payés avant le 08 du mois en cours. ‘’Je n’ai jamais dépassé cette date depuis que je suis là’’, a-t-il affirmé.

Par ailleurs, il soutient effectivement aussi avoir pris en location de nouveaux bureaux qui donnent sur une avenue en centre ville pour 400 000 francs pour plus de visibilité. Selon lui, les anciens locaux étaient un peu enclavés.

Sur ce point, il a précisé que ‘’c’est les travaux qui ont tardé à cause d’un marché qu’on n’a pas lancé à temps’’, ajoutant que ces derniers vont très bientôt démarrer puisque le prestataire a été retenu pour les faire.

‘’Une journée sans téléphone, c’est juste un problème technique qui est indépendant de ma volonté et de mes compétences’’, a-t-il lancé, assurant avoir écrit à maintes reprises à l’intersyndicale pour les rencontrer et discuter avec eux sur la plateforme. Celle-ci ne comporte aucune revendication salariale tout simplement parce que ‘’les agent du Soleil sont très bien traités avec les meilleurs salaires de la presse.

MK/ASG