L’anthropologie,
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SENEGAL-UNIVERSITES

L’anthropologie, "un excellent baromètre" pour comprendre les populations africaines (universitaire)

Dakar, 6 nov (APS) – L’anthropologie peut être "un excellent baromètre" pour comprendre les trajectoires des populations africaines dans un monde globalisé, a soutenu lundi Pr Ibrahima Thiaw du Laboratoire d’anthropologie et d’ingénierie culturelle (LAIC) de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar.
 
"L’anthropologie peut être un excellent baromètre pour comprendre les trajectoires de nos populations, les enjeux de mémoire, d’identité, les problèmes environnementaux, etc. en rapport avec l’insertion très rapide de l’Afrique dans le monde global actuel", a-t-il dans un entretien à l’APS.
 
Pr Thiaw a expliqué que "beaucoup de transformations culturelles qui accompagnent ce processus-là, doivent être observées de près pour comprendre comment les cultures africaines s’adaptent à ces changements rapides".
 
Le Laboratoire d’anthropologie et d’ingénierie culturelle (LAIC) de l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar va organiser, jeudi, à 16 heures, à l’UCAD, un symposium international sur le thème : "Reconstruire l’anthropologie en Afrique postcoloniale".
 
Il a insisté sur la nécessité d’être à l’écoute de la communauté. "Le bon anthropologue, c’est celui qui sait être à l’écoute de la communauté", a-t-il encore affirmé.
 
"Nous voulons rompre avec le savoir colonial qui était parfois empreint de relation de pouvoir. Nous voulons un savoir plus ouvert, nous pensons qu’il y a un savoir traditionnel qui n’a pas souvent reçu l’attention qu’il méritait", a-t-il souligné pour justifier le thème de la reconstruction de l’anthropologie en Afrique postcoloniale.
 
"Nos étudiants, lorsqu’ils sont bien formés, peuvent aider à éclore de nouvelles épistémologies, de nouvelles connaissances qui sont issues des espaces et des cultures africaines", a fait valoir Pr Thiaw, également responsable du laboratoire d’archéologie de l’Institut fondamental d’Afrique Noire (IFAN) de l’UCAD.
 
Selon lui, "l’Afrique peut devenir un foyer de production et de diffusion de savoirs anthropologiques qui peut même commencer à titiller les théories et les méthodologies de cette bibliothèque coloniale".
 
L’universitaire sénégalais s’est par ailleurs demandé : "Est-ce que les livres que nous rattachons à la bibliothèque coloniale, c’est le mode de production et de diffusion de savoirs le plus approprié pour toutes les sociétés ?".
 
Concernant les civilisations orales africaines, il est possible, selon lui, de réfléchir et de trouver d’autres modes de production et de diffusion de savoirs. 
 
"Si nous voulons atteindre cette audience africaine-là, il faudrait que nous imaginions d’autres supports pour la diffusion des savoirs anthropologiques", a-t-il suggéré.

ASB/ASG