Kaffrine : la situation des enfants jugée préoccupante
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Kaffrine : la situation des enfants jugée préoccupante

Kaffrine, 5 jan (APS) – Abou Bâ, l’adjoint du gouverneur de Kaffrine (centre), chargé des affaires administratives de la région, a souligné mardi l’urgence d’appliquer la réglementation en matière de protection de l’enfance, en raison de la situation ‘’préoccupante’’ des enfants vivant dans cette partie du pays.
 
‘’La situation des enfants est préoccupante dans la région’’, à cause notamment de la présence de ‘’plusieurs ‘daara’ dont 120 dans la commune de Kaffrine, et plus de 300 dans le département’’ de Kaffrine, a-t-il déclaré.
 
M. Bâ s’exprimait au terme d’une session de formation de trois jours des acteurs de la justice et des forces de défense et de sécurité, dans le cadre de la mise en œuvre du projet ‘’Renforcement de l’appui à la protection des enfants dans l’éducation au Sénégal’’. Ce projet d’une durée de cinq ans est exécuté depuis 2017. 
 
Abou Bâ estime qu’il est difficile de disposer de chiffres précis concernant le nombre d’enfants vivant dans la rue, dans la région. ‘’Mais ce qui est sûr, c’est qu’ils sont nombreux. Pour preuve, durant cette pandémie de Covid-19, il y a eu pas moins de 500 enfants qui nous été retournés de Dakar, car de nombreux parents envoient leurs enfants vers la capitale.’’
 
Au-delà de l’aspect éducatif, ‘’l’exploitation [des enfants] apparaît très clairement, et c’est ce que nous voulons éviter et faire en sorte qu’ils soient mieux protégés, d’où cette session qui réunit tous les acteurs pour mieux appliquer la réglementation’’, a expliqué l’adjoint du gouverneur de Kaffrine, chargé des affaires administratives de la région. 
 
Selon M. Bâ, ‘’le désengagement des parents’’ en matière de protection de l’enfance peut s’expliquer par la pauvreté et la précarité que vivent certaines familles. 
 
‘’Les parents préfèrent confier leurs enfants à des marabouts sans aucun suivi. Le risque, c’est que ces enfants deviennent des victimes abandonnées dans la rue, d’où la nécessité de (…) les protéger’’, a-t-il dit. 
 
L’inspecteur d’académie de Kaffrine, Aboubakry Sadikh Niang, rappelle que ‘’la justice et les forces de sécurité et de défense font partie des acteurs clés de la prise en charge et de la protection de l’enfance’’. 
 
D’où la nécessité, selon lui, de les familiariser avec l’arsenal juridique national et international relatif à la protection de l’enfance, afin de les utiliser comme relais de promotion et de sensibilisation sur la protection de l’enfance. 
 
Samba Sèye, le président du tribunal de grande instance de Kaffrine, a insisté sur la problématique de l’état civil, en lien avec la question de la protection de l’enfance.
 
‘’La question de l’état civil est catastrophique au niveau régional, nous sommes dans l’une des zones les plus réfractaires quand il s’agit des questions administratives, l’état civil notamment’’, a-t-il déploré.
 
Selon M. Sèye, au niveau scolaire, 80 % des enfants de la région de Kaffrine n’ont pas d’acte de naissance, même si ‘’des efforts sont en train d’être faits chaque année par l’inspection d’académie et les inspections de l’éducation et de la formation pour résorber le gap, surtout pour les élèves de Cm2’’. 


MF/BK/ESF