Les jeunes face à la drogue : Un sociologue insiste sur le rôle des agents de socialisation
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SENEGAL-SOCIETE

Les jeunes face à la drogue : Un sociologue insiste sur le rôle des agents de socialisation

Dakar, 28 mai (APS) - Le sociologue et assistant-chercheur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, Dr Abdoul Khadre Sanoko, a mis en exergue, mardi, le rôle que doit jouer les agents de socialisation, comme la famille, l’école et les médias, pour aider les jeunes à faire face au fléau de la drogue.
 
"Il faut revenir à la responsabilité des agents de socialisation que sont la famille, l’école et le média pour pouvoir aider les jeunes à ne pas tomber dans la consommation des stupéfiants", a-t-il déclaré. 
 
Dr Sanoko intervenait lors d’un panel axé sur le thème "Jeune et stupéfiant : quelle stratégie pour mieux prévenir", organisé par le réseau "Young Aduocates for human Rights", YHR (Jeunes défenseurs des droits de l’homme).
 
"Nous avons tendance à jeter l’anathème sur les usagers des drogues, alors qu’en réalité ce sont des victimes", a-t-il relevé, soulignant qu’une analyse approfondie et véritablement sociologique permet de voir que tout le monde serait à l’origine de ce fléau. 
 
"La responsabilité ici revient aux parents, car ils constituent le premier truchement de la société. A cela s’ajoutent la crise, la monoparentalité, la famille recomposée, etc.", a-t-il expliqué. 
 
D’après Dr Sanoko, tout cet assemblage de stock pousserait les jeunes à utiliser des stupéfiants pour pouvoir s’en sortir face aux difficultés de la vie.
 
Il a estimé qu’élaborer des stratégies sans tenir compte des sources de ces problèmes, ne permettra pas de lutter contre le fléau de la drogue. Il faudrait selon lui, entrer en profondeur pour mettre en place des bonnes stratégies et avoir des résultats.
 
Pour le coordonnateur technique du Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (CEPIAD), Dr Idrissa Bâ, la stratégie pour lutter contre la consommation des drogues peut se situer à trois niveaux, notamment la sensibilisation, la prévention et la communication.
 
Selon lui, il est important de revoir et de penser les stratégies d’information liée à la sensibilisation sur la drogue, en ce sens qu’elles permettent de ne pas tomber dans des extrémités comme la stigmatisation.
 
"La meilleure information qu’il faut donner est que l’addition est une maladie du cerveau, car celui-ci réagit différemment selon une personne à une autre", a-t-il poursuivi, précisant qu’il y a un travail de réflexion à mener et sur lequel il faudrait s’appuyer pour pouvoir aider les jeunes addicts. 
 
"Chacun de nous, doit comprendre qu’il a un rôle à jouer dans ce problème. Il faut éveiller et informer les gens à travers les médias pour contribuer à lutter contre la consommation des stupéfiants", a quant à elle, indiqué, la présidente du réseau YHR, Borsa Tall.
 
Selon elle, l’idée n’est pas de faire peur, mais plutôt d’utiliser les moyens en leur disposition pour pouvoir passer le message aux jeunes, tout en mettant également un accent sur les responsabilités des parents.


AMN/OID/ASB