Lutte contre les feux de brousse : les populations rurales invitées à s’impliquer davantage
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SENEGAL-SOCIETE

Lutte contre les feux de brousse : les populations rurales invitées à s’impliquer davantage

Louga, 6 nov (APS) - Les départements de Louga et Linguère ont enregistré 11 cas de feux de brousse qui ont ravagé une superficie de 501 hectares depuis le début du mois d’octobre, a regretté le gouverneur de la région de Louga, Elhadji Bouya Amar, qui invite les populations rurales à s’engager davantage dans la lutte contre ce phénomène.

 
‘’Le constat est que depuis le mois d’octobre, 11 cas de feux de brousse répartis entre les départements de Lingère et de Louga ont été notés alors que la période des feux de brousse se situe d’octobre à avril’’, a-t-il dit, lors d’un Comité régional de développement (CRD) d’information et de bilan sur les feux de brousse.

Selon le gouverneur de Louga, si des mesures immédiates ne sont pas prises, ‘’il risque d’y avoir encore plusieurs autres cas d’ici quatre à cinq mois, alors que l’ambition de l’Etat est de réduire de manière drastique les feux de brousse’’.

‘’Il y a toujours les problèmes de moyens qui se posent, mais même si l’Etat fait beaucoup à ce niveau, cela ne suffit pas pour résoudre ce phénomène et nous l’avons dit aux acteurs’’, a soutenu M. Amar.

‘’Ce que nous voulons, est qu’il y ait plus d’engagement des communes frappées par les feux de brousse’’, a-t-il fait savoir, saluant l’implication depuis plusieurs années du maire de la commune de Sieul (Louga) dans la lutte contre ce phénomène.

Pour ElHadji Bouya Amar, ‘’les comités de lutte villageoises, qu’ils aient des moyens ou pas, ils doivent intervenir en premier en cas de feu’’. Alors que ce qui est constaté dès qu’il y a un début de feu, relève-t-il, les populations appellent les services concernés au lieu de commencer à gérer la situation.

‘’C’est bien d’alerter, mais la nouvelle dynamique que nous voulons inculquer aux populations, c’est de s’impliquer pour lutter contre les feux de brousses’’, a-t-il dit, rappelant que les premières victimes sont les populations rurales.

‘’Nous sommes dans une zone agro-sylvo pastorale et les feux de brousse détruisent l’environnement, consument le tapis herbacé, causent des problèmes d’alimentation du bétail et constituent un facteur aggravant de dérèglement climatique’’, a-t-il averti.

Aussi, le gouverneur a instruit les préfets à tenir des comités départementaux de développement (CCD) délocalisés pour ‘’des résultats beaucoup plus probants’’ en matière de lutte contre les feux de brousses, cette année.

M. Amar a suggéré de célébrer la journée mondiale de l’arbre dans la commune la plus impliquée dans la lutte contre les feux, pour ‘’magnifier et créer un cadre d’émulation pour les communes qui appuient l’Etat’’.

Selon El Hadji Bouya Amar, il revient aux communautés, en passant par les conseils départementaux, de prendre en charge cette question.

‘’Les communes ne doivent pas toujours se réfugier derrière le manque de moyens pour prendre en charge cette dimension. Avec un budget moindre et de l’engagement, les communes peuvent beaucoup faire’’, a-t-il dit.

En nombre de cas, la zone la plus touchée par les feux de brousses est le département de Lingère avec sept cas et, en terme de superficie, c’est le département de Louga avec 400 ha, selon le commandant Mamadou Badji, inspecteur régional des Eaux et forêt de Louga.

Il a également déploré ‘’le faible niveau d’implication’’ des collectivités territoriales.

‘’Nous avons les moyens mis à notre disposition par l’Etat, mais il y a plusieurs autres techniques de lutte si les populations interviennent en premier avant le refroidissement’’, soutient-il.
 
 
 
 

SK/MD