Expatriés français : les ressources stagnent, les demandent d’aide augmentent
APS
SENEGAL-FRANCE-IMMIGRATION-SOCIAL

Expatriés français : les ressources stagnent, les demandent d’aide augmentent

Dakar, 10 août (APS) - Faire face au nombre croissant des demandes d’aide, alors que ses fonds restent stationnaires est le défi auquel demeure aujourd’hui confrontée l’Association d’Entraide des Français au Sénégal (AEFS).
 
‘’Chaque année, le nombre de demandes d’aide augmente, mais les fonds n’augmentent pas. Donc, il devient difficile de pouvoir s’occuper de tout le monde’’, constate le président d’AEFS, Daniel Vivien, dans un entretien accordé à l’APS.
 
 En 2015, dit-il, l’association a fait 450 interventions dans le domaine du secours alimentaire, psychologique et matériel. Elle a aussi aidé certains expatriés à régler des frais de scolarité et distribué des aides au logement.
 
Ce combat pour la promotion de la solidarité et de l’entraide est la philosophie même de Daniel Vivien, le président d’AEFS.
 
’’J’ai eu tout ce que je voulais, j’ai eu un bon parcours professionnel et j’ai beaucoup voyagé. Aujourd’hui, je veux faire attention aux personnes qui ont besoin d’aide. Il n’y a rien de plus fort que le sourire d’un enfant qui n’a rien", déclare-t-il.
 
Quelque 25.000 Français vivent aujourd’hui sur le territoire sénégalais. Ces ressortissants exagonaux forment une communauté unie et forte, mais, qui des fois, a besoin d’aide. 
 
En effet, vivre au Sénégal n’est pas toujours simple. Le fait est qu’il y a beaucoup de femmes sans mari avec des enfants, ainsi que des malades ou des retraités qui n’ont plus les moyens pour vivre, ou qui ne peuvent pas rentrer en France, explique Daniel Vivien. 
 
‘’Il existe des associations qui viennent en aide à la population sénégalaise, comme le SAMU social, mais il n’y avait pas une entité qui s’occupait aussi des Français. Pour combler ceci, des associations sont nées : UFE ou ADFE, qui ont une orientation politique, et maintenant aussi l’AEFS, apolitique’’, rappelle-t-il.
 
L’association d’entraide, qui existe depuis 1963, a été créée par des personnes de bien, comme des avocats et des magistrats. Son actuel président vit sur le continent africain depuis 43 ans et a fait succès dans le domaine de la publicité. Mais, en plus de son travail, il a décidé de tendre la main aux personnes qui en ont le plus besoin.
 
Pour trouver les fonds, l’association participe à l’organisation d’une fête les 13 et 14 juillet, à l’occasion de la Fête nationale française du 14-Juillet. Cette soirée est l’occasion pour l’EFS de pouvoir trouver de nouveaux adhérents et d’avoir des bénéfices, grâce à la tombola organisée à cet effet. Mais, elle reçoit aussi une subvention de 13 millions de francs CFA du ministère français des Affaires étrangères ( AMAE) et des dons qui, en 2014, ont représenté 14 millions de francs CFA.
 
 Quant aux adhérents, même s’ils ne représentent qu’un nombre modeste, soit 400 membres actifs inscrits, ils cotisent chacun chaque année 20.000 FCFA. Entre 2001 et 2015, l’AEFS a distribué 380 millions de francs CFA aux plus défavorisés.
 
‘’Le rôle de l’association est celui d’un relais administratif : le service social du consulat identifie les personnes qui ont besoin d’aide et l’AEFS s’en occupe pour que la procédure soit plus rapide’’, explique Daniel Vivien. 
 
L’association intervient de différentes manières. C’est ainsi qu’elle a un accord avec ‘’Casino’’ qui fournit des bons de 30.000 FCFA qu’elle distribue aux familles en besoin. Pour Noël, les enfants de 6 à 12 ans, qui en étaient la cible, se sont vu offrir des jouets. Et des repas pour sept à huit personnes sont aussi organisés au restaurant.

IC/ASG