Des députés favorables à l’application de la peine de mort
APS
SENEGAL-JUSTICE

Des députés favorables à l’application de la peine de mort

Dakar, 5 déc (APS) – Des députés ont plaidé lundi à l’Assemblée nationale, le rétablissement de la peine de mort,ce qui permettrait de réduire les cas de meurtres enregistrés depuis quelques mois dans le pays.
 
Une dizaine de députés intervenus en séance plénière lors du vote du projet de budget du ministère de la Justice pour l’exercice 2017, ont défendu le rétablissement de la peine de mort. 
 
Le parlement sénégalais avait voté le 10 décembre 2004 la loi abolissant la peine de mort. Jusque-là, seules deux personnes avaient été exécutées, par les armes, en 1967 : Abdou Faye pour meurtre du député Demba Diop, et Moustapha Lo coupable de tentative d’assassinant sur le président Léopold Sédar Senghor.
 
"Je propose que l’on applique la peine de mort pour toute personne ayant commis un crime. On ne doit plus laisser ces individus commettre des crimes odieux et aller se reposer en prison", a indiqué le député Thiané Sakho. 
 
Pour elle, la peine de mort peut décourager "les potentiels" criminels et réduire les meurtres dont sont victimes des personnes innocentes. 
 
Son collègue, Imam Mbaye Niang abonde dans le même sens, invitant le ministre de la Justice, Garde des Sceaux à faire appliquer la peine de mort. 
 
"La peine de mort est tout d’abord une recommandation de Dieu. Il demande l’exécution de toute personne qui a pris la vie de son semblable. Il faut tuer ceux qui tuent", a soutenu M. Niang, soulignant la banalité pour certains d’ôter la vie. 
 
Le député El Hadji Magane est aussi favorable à la peine de mort. "Pour une histoire de 100 francs CFA, on a tué un jeune homme. Des gens sont poignardés à plusieurs coups de couteau pour un rien. Cela doit cesser", a-t-il estimé. 
 
Il a rappelé qu’en moins d’un mois une dizaine d’individus ont perdu la vie pour des "faits banals". "C’est alarmant et effrayant pour un pays comme le Sénégal", a-t-il déploré. 
 
Le député du mouvement citoyen pour la refondation sociale, "Beuss dou niak", Hélène Tine a interpellé le ministère de la Justice à poser des mécanismes pour lutter contre les crimes. 
 
"Je pense que certaines personnes tuent parce qu’elles se considèrent comme des morts vivants. Elles se sentent exclues par la société, délaissées par leurs parents ainsi pour elles tuer devient une sorte de répression", a-t-elle dit. 
 
SDI/ASB