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"Daaras" et école française : Niokhobaye Diouf évoque les perspectives d’une harmonisation

Dakar, 2 déc (APS) - La loi portant sur la modernisation des ‘’daaras’’ devrait constituer une ébauche sur l’harmonisation des deux systèmes d’enseignement en vigueur au Sénégal, à savoir l’école française et celle dite arabo-islamique, a indiqué le directeur de la promotion des droits et de la protection des enfants, Niokhobaye Diouf.

‘’Le gouvernement travaille sur un projet très avancé portant sur les daaras modernes, qui, à terme devrait constituer une ébauche pour une réflexion autour d’une harmonisation de ces deux systèmes qui cohabitent au Sénégal’’, a déclaré M. Diouf dans un entretien avec l’APS.

Selon M. Diouf, cette loi en gestation vise notamment à permettre aux pensionnaires des écoles coraniques d’acquérir des connaissances modernes, avec l’apprentissage du coran comme soubassement.

Elle s’articule autour de points tels que les curricula, pour ainsi déterminer les horaires de cours dans les écoles coraniques, et le profil des maitres coraniques.

 ‘’L’introduction de la formation professionnelle de même que des langues étrangères comme le français et l’anglais à côté d’une langue locale est aussi envisagé dans ce projet’’, souligne Niokhobaye Diouf.

Il ajoute que cette politique devrait permettre aux sortants des centres d’enseignement arabo-islamique ‘’d’acquérir des connaissances autres que les sciences théologiques et qui leur prédisposeront à un emploi pour ainsi faciliter leur insertion socio-professionnelle quand ils sortiront des daaras’’, d’autant que les enfants issus de cet enseignement ‘’ne peuvent pas tous devenir à leur tour des maitres coraniques’’.

Le directeur de la promotion des droits et de la protection des enfants estime : ‘’c’est du côté des fédérations d’associations de maitres coraniques que des blocages ont été notés’’.

‘’Des maitres coraniques nous ont signifié leur réticence à ce projet de modernisation des daaras, pensant qu’une telle implication directe des pouvoirs publics va dépouiller les écoles coraniques de leur charme originel’’, renseigne-t-il.
 
M. Diouf dit cependant espérer que si la concertation arrive à terme, ‘’les deux systèmes devraient pouvoir cohabiter en toute harmonie.’’

Dans ce cadre, les écoles coraniques, ‘’au même titre que les autres établissements confessionnels privés, vont bénéficier du même régime de subvention’’, a-t-il indiqué, ajoutant que tout ce qui est aujourd’hui reconnu dans le système formel sera reproduit dans le modèle des daaras modernes.

‘’Nous pensons que la meilleure manière d’impliquer les acteurs directs de la question (maitres coraniques), c’est de dialoguer avec eux pour recueillir des propositions venant d’eux-mêmes’’, déclare Niokhobaye Diouf.

SMD/BK/AKS