Les médias invités à s’
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SENEGAL-MEDIAS

Les médias invités à s’"impliquer davantage dans la lutte’’ contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme

Dakar, 2 oct (APS) – Le secrétaire exécutif du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest (GIABA), Tim Malaye, a invité mercredi les professionnels des médias à s’investir davantage dans la lutte contre ces deux phénomènes, à travers notamment l’investigation.
 
Le GIABA, l’institution spécialisée de la CEDEAO chargée du renforcement des capacités des Etats membres dans la prévention et la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme dans la région, a organisé à Dakar une conférence de presse internationale.
 
Lors de cette rencontre consacrée au "rôle des médias dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en Afrique de l’Ouest", il a invité ces derniers à "s’impliquer davantage dans la lutte contre ces deux phénomènes’’. Ce faisant, ils doivent mener "des investigations pour informer, former et éduquer les populations’’.
 
‘’Les médias constituent un outil important pour changer la mentalité et réduire considérablement ce phénomène mondial’’, a dit Tim Malaye.
 
Pour ce faire, a-t-il dit, le journalisme d’investigation doit être privilégié, à travers notamment l’analyse des documents juridiques, des rapports des gouvernements, des règlements en la matière, ainsi que ceux des sociétés financières, dans le but d’identifier les écarts et les lacunes dans le système.
 
M. Malaye a convié les journalistes à aller ‘’au-delà des méthodes conventionnelles, vers les nouvelles plateformes liées à l’avancée technologique’’, lesquelles, selon lui, offrent ‘’plus de possibilité et de maillage’’.
 
‘’Voilà le genre d’engagement que nous voulons’’, a-t-il insisté, invitant tout de même les journalistes à faire preuve de ‘’prudence’’ dans cet exercice ‘’non dépourvu de risques, compte tenu des enjeux’’.
 
Pour le directeur général du GIABA, Kimelabalou Aba, ‘’il n’y a
pas de terrorisme sans financements illicites’’. Il estime par conséquent que pour "le combattre, il faut assécher ces derniers en mettant fin à tout ce qui peut leur apporter cet argent’’.
 
‘’Presque tous les secteurs d’activité constituent des niches favorables au blanchiment de capitaux’’, a souligné M. Aba.
 
‘’Une étude conduite par le GIAGA indique clairement qu’il y a un lien étroit entre le blanchiment d’argent et des ressources minières’’, ajoute-t-il.
 
Kimelabalou Aba estime que ‘’le faible taux de bancarisation, la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que le développement de la monnaie électrique’’, constituent également ‘’des niches pour le blanchiment d’argent’’.
 
La présidente de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) du Sénégal, Ramatoulaye Gadio Agne, également correspondante nationale du GIABA, précise que c’‘’est uniquement en fonction des résultats des évaluations nationales qu’on pourra réellement déterminer les questions émergentes et les secteurs les plus exposés’’.

MK/ASG/ESF