Accords et dépôt des armes, conditions de la paix en Casamance (historien)
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SENEGAL-PAIX-PROCESSUS

Accords et dépôt des armes, conditions de la paix en Casamance (historien)

Ziguinchor, 16 juil (APS) – La paix en Casamance sera effective le jour où il y aura des accords ‘’formels’’ ou ‘’tacites’’ entre l’Etat sénégalais et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), et où les combattants auront déposé les armes, a affirmé l’historien Nouha Cissé.

 
‘’Si ces accords, formels ou tacites, existent avec tous les protocoles nécessaires, on sera dans la nouvelle ère de paix’’ a-t-il dit, lors d’un atelier de partage d’expériences sur les relations entre les problèmes d’environnement et la question des migrations. 
 
Spécialiste de la Casamance, Nouha Cissé introduisait une communication sur le thème ‘‘Conflits et migrations : le cas de la Casamance’’. Et, pour camper le sujet, il a fait un bref rappel de ce conflit trentenaire qui a engendré un important mouvement migratoire sous différentes formes. 
 
Depuis 1982, a-t-il indiqué, la Casamance est en proie à un conflit armé, marqué par une succession de périodes de crise et d’accalmie de plus ou moins longue durée. ‘’Depuis trois ans, a-t-il relevé, nous sommes dans cette période dite d’accalmie.’’ ‘’Le conflit évolue en dents de scie avec des périodes d’accalmie qui peuvent être longues ou courtes, mais elles existent’’, a-t-il dit. 
 
Selon lui, ces périodes se caractérisent par l’absence de braquages, de razzias, d’affrontements armés, d’attaques de cantonnements militaires ou de combattants. 
 
Mais il n’empêche, le conflit est bien une réalité en Casamance et est ponctué par des crises, des pics qui font que, globalement, il y a un environnement d’insécurité, chacun ignorant quand est-ce que les choses peuvent rebondir, a-t-il soutenu.
 
 ‘’Le conflit est latent et est adossé à plusieurs ressorts. Il s’est réveillé comme un volcan en 1982 et a engendré des conséquences économiques, sociales et culturelles graves qui ont impacté sur la vie des communautés’’, a-t-il déploré. 
 
A l’en croire, il y a même en ce moment un ralentissement de la vie économique, marqué, dans la filière crevettière, par l’arrêt des investissements pour les petites et moyennes entreprises.
 
 Aussi, les unités crevettières n’existent-elles plus et les investissements sont au ralenti, voire quasi inexistants. ‘’Car là où la kalachnikov, qui n’est pas un outil de production, entre par la porte, l’investissement saute par la fenêtre, parce qu’étant deux choses incompatibles’’, a justifié le spécialiste de la Casamance.

LTF/ASG