Le déficit en personnel sanitaire alimente les débats à l’Assemblée nationale
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SENEGAL-SANTE-BUDGET

Le déficit en personnel sanitaire alimente les débats à l’Assemblée nationale

Dakar, 28 nov (APS) - La plénière de l’Assemblée nationale consacrée jeudi au vote du budget du ministère de la Santé et de l’Action sociale a été l’occasion pour les députés de soulever des difficultés liées au déficit en personnel sanitaire et surtout en spécialistes auquel leurs localités se trouvent confrontées.
 
"Nous avons besoin d’un pédiatre, la région de Sédhiou n’en dispose pas actuellement’’, a indiqué Ma Diakhao Sané, mandataire des populations du Pakao, une région du sud du Sénégal confrontée à un problème d’enclavement.
 
Dans le même sens que la députée originaire de Sédhiou, 73 autres de ses collègues ont pris la parole lors de cette plénière.
 
Yaye Marième Kane de déplorer par exemple que "tout le département de Kanel n’a pas de chirurgien".
 
La région de Tambacounda (est) "n’a pas de chirurgien actuellement alors que nous sommes un hôpital sous-régional", renchérit la députée Awa Diagne.
 
"L’hôpital régional de Kaolack a besoin" d’un renfort en spécialistes, indique de son côté la députée Adji Mergane Kanouté, avant d’ajouter : "Nous avons besoin d’un ophtalmologue et d’un orthopédiste car nous sommes une ville carrefour".
 
Si l’on en croit la députée Aminata Diao, la région de Kolda (sud) "souffre d’un déficit de spécialistes’’ et a besoin par exemple d’un cardiologue.
 
Si certains députés ont soulevé le manque de personnel qualifié dans les structures de santé, d’autres ont décrié la vétusté ou le manque d’infrastructures.
 
Pour Pape Sagna Mbaye, député représentant de Pikine, dans la grande banlieue dakaroise, "le ministre de la Santé doit augmenter la subvention allouée à l’hôpital de Pikine car [ce] département [...] est le premier département du Sénégal selon le dernier recensement" de la population.
 
"Si on donne à l’hôpital de Grand-Yoff une subvention d’un milliard CFA, pourquoi pas autant à l’hôpital de Pikine’’, dit-il, insistant sur le déficit en ressources humaines dans cette structure de santé.
 
Dans ce sillage, le député-maire de Médina Wandifa, localité située dans le département de Bounkiling, région de Sédhiou, a déploré l’état de la maternité de sa commune, selon lui "trop délabré".
 
Le député Issa Sall a appelé à la construction d’un centre de santé à Tattaguine, commune dont il est originaire, dans la région de Fatick (ouest), laquelle compte désormais "80.000 habitants’’ mais ne "dispose toujours que d’un poste de santé".
 
La multiplication des écoles privées de médecine, une situation nécessitant une meilleure réglementation, les médicaments de la rue, le recrutement de personnels de santé, entre autres sujets figuraient dans les préoccupations des députés.

SKS/BK/ASG