Saisine du Conseil constitutionnel :
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SENEGAL-LEGISLATIVES-CAMPAGNE

Saisine du Conseil constitutionnel : "Une régression démocratique", selon Madièye Mbodj


Louga, 26 juil (APS) - Le coordonnateur de la coalition "Ndawi Askan Wi’’, Madièye Mbodj, a déploré la ’’nette régression démocratique’’ enregistrée par le Sénégal avec la saisine, par le chef de l’Etat, Macky Sall, du Conseil constitutionnel sur la possibilité pour les électeurs n’ayant pu retirer leur carte d’électeur de "voter aux élections législatives du 30 juillet 2017" avec des documents autres que la carte d’électeur.

"Nous sommes retournés longtemps en arrière avec cette volonté des autorités étatiques de faire avaliser cette décision de voter avec des pièces autres que la carte d’identité", a réagi M. Mbodj, mercredi, en s’exprimant devant des jeunes à Louga.

Ce jeudi, le Conseil, constitutionnel a rendu un avis favorable, en estimant que le détenteur d’un récépissé dont l’inscription effective sur les listes électorales a été vérifiée peut être autorisé, à "titre exceptionnel", à voter si la carte d’identité numérisée, la carte d’électeur numérisée, le passeport ou le document d’immatriculation présenté permet de l’identifier.

Il avait été saisi par le chef de l’Etat, Macky Sall, sur la possibilité pour les électeurs n’ayant pu retirer leur carte d’électeur de "voter aux élections législatives du 30 juillet 2017" avec des documents autres que la carte d’électeur.


Madièye Mbodj juge que cette idée risque d’ouvrir la voie à "une vaste opération de fraude’’, se disant favorable à l’usage exclusif de la carte d’identité pour le vote aux législatifs.


’’L’Etat a échoué en annonçant que, dan une circonscription comme Dakar qui compte la majorité des électeurs, un taux de 51 pour cent de retrait a été enregistré’’, a-t-il estimé.


Il a rappelé le précédent de l’année 1993, marqué par "un usage massif" de récépissés à des fins de fraude, affirmant que le contentieux consécutif au scrutin de cette présidentielle avait constitué "une des pages sombres de l’histoire politique’’ du Sénégal avec l’assassinat du juge Babacar Sèye.


Il souligne que "Ndawi Askan Wi" regroupe des partis politiques, des acteurs de la société civile et de simples citoyens "imbus de la volonté’’ de développer le pays.


Le programme qui a été proposé, notamment la charte du député, prend sa source dans l’histoire africaine avec la "Charte du Mandé’’, ainsi que les recommandations de Thierno Souleymane Baal et des Assisses nationales.

AMD/ASG/BK