Un opposant dénonce les menaces d’un rebelle casamançais sur France 24
APS
SENEGAL-POLITIQUE

Un opposant dénonce les menaces d’un rebelle casamançais sur France 24

Dakar, 2 juil (APS) – El Hadji Ibrahima Sall, un opposant sénégalais et spécialiste des questions de défense et de sécurité, a dénoncé dimanche la diffusion par la télévision France 24 des menaces du chef rebelle Salif Sadio, qui a promis de "libérer" la Casamance (sud) même quand il ne lui resterait que "quatre combattants".

"Même s’il ne me reste que seulement quatre combattants (…), nous libérerons la Casamance", a déclaré M. Sadio dans l’émission "Billet retour en Casamance" diffusée par la chaîne de télévision française.
 
"J’aurais réagi à la publicité que France 24 a faite [avec le] MFDC. Je trouve que c’est inadmissible", a déclaré El Hadji Ibrahima Sall à l’émission "Grand Jury" de la radio privée sénégalaise RFM.
 
"Un journal de la presse nationale, qui a [publié] ce genre de déclaration, a fait l’objet d’une sanction. Il la méritait", a-t-il ajouté, en souvenir de la saisie des exemplaires du journal Sud Quotidien par les autorités sénégalaises, au début des années 2000.

"Il faut ouvrir des négociations politiques"
 
Les autorités sénégalaises avaient protesté ainsi contre la diffusion, par ce quotidien local, des propos d’un combattant du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), la rébellion active dans le sud du Sénégal depuis plus de 30 ans.
 
"De la même manière, il faut aujourd’hui (…) voir ce qu’il y a derrière cela et, s’il le faut, consulter notre ambassadeur" en France, a ajouté El Hadji Ibrahima Sall, économiste, leader du parti d’opposition "Demain la République" et ancien ministre du Plan (1998-2000).
 
"Ce sont des déclarations inadmissibles", a-t-il soutenu, en parlant de ces propos de Salif Sadio diffusées par France24.

M. Sall fait par ailleurs trois propositions aux autorités sénégalaises pour assurer la stabilité en Casamance. 
 
"Que les politiques laissent à l’armée l’initiative d’exercer la pression sur les combattants du MFDC. En même temps, il faut ouvrir les négociations politiques et prévoir un plan de développement économique pour la Casamance", a-t-il dit à la RFM.
 
"Ces trois éléments sont importants. Le plan de développement économique est le point le plus important ; les deux autres sont plus urgents, c’est la reprise de l’initiative stratégique et opérationnelle, sur le plan militaire ; et l’ouverture des négociations, sur le plan politique", a expliqué El Hadji Ibrahima Sall.

ESF