Un histoirien juge que le Sénégal doit être ’’moins laudateur’’ de son système politique
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SENEGAL-POLITIQUE-ANALYSE

Un histoirien juge que le Sénégal doit être ’’moins laudateur’’ de son système politique

Dakar, 1er avr (APS) - Le Sénégal doit être "moins laudateur" de son système politique même si le pays peut se prévaloir de certains acquis concernant par exemple la transmission du pouvoir "dans la paix et la tranquillité", estime l’historien et archiviste-paléographe sénégalais Saliou Mbaye.

"Pendant très longtemps, on a parlé de l’exception sénégalaise, et aujourd’hui, peut-être, doit-on être moins laudateur de notre système politique", a-t-il déclaré dans un entretien avec l’APS.
 
"On peut néanmoins le présenter comme un modèle sénégalais avec les successions à la tête du pays qui se sont toujours faites dans la paix et la tranquillité Il faudrait s’en réjouir surtout quand on regarde la situation politique dans les autres pays africains", a soutenu l’ancien directeur des Archives du Sénégal (ANS).
 
Selon l’historien, les Sénégalais ont tiré des leçons de la crise de 1962 qui avait opposé Léopold Sédar Senghor et Mamadou Dia et des violences notées lors des élections de 1963.
 
La crise politique de décembre 1962 avait opposé le président du Conseil Mamadou Dia, ainsi que quatre ministres de son gouvernement, au président de la République Léopold Sédar Senghor. Elle avait marqué la fin du régime parlementaire bicéphale et le début d’un régime présidentiel et du parti unique jusqu’en 1976.
 
De l’avis de l’historien, à la lumière de ces deux crises, les citoyens sénégalais "ont compris que c’est uniquement dans la paix que le développement peut prospérer".
 
Le président Senghor, s’étant rendu compte après la chute de Mamadou Dia qu’il fallait rompre avec le régime bicéphale, a entrepris de nommer un Premier ministre, en ayant derrière la tête la recherche d’un successeur à la tête du pays, a indiqué l’universitaire.
 
Il avait déjà commencé à poser les jalons avec l’article 35 de la Constitution qui a avait été modifié en 1976, en relevant qu’au cas où le pouvoir devenait vacant, le Premier ministre serait le président de la République, a expliqué le professeur Mbaye.
 
Le président Senghor a ainsi "démissionné le 31 décembre 1980. Sa démission a été présentée au président de la Cour Suprême, Kéba Mbaye", a-t-il relaté, ajoutant que suite à la modification de la Constitution, Abdou Diouf est devenu le nouveau président de la République et a prêté serment le 1er janvier 1981.
 

ASB/BK/OID