Parrainage électoral : l’opposition dénonce l’adoption de la loi sans débat
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SENEGAL-POLITIQUE-PERSPECTIVES

Parrainage électoral : l’opposition dénonce l’adoption de la loi sans débat

Dakar, 19 avr (APS) - Des députés de l’opposition ont "vivement" dénoncé l’adoption, jeudi, de de la réforme constitutionnelle visant à introduire le parrainage électoral à la présidentielle, un texte voté sans débat à l’unanimité des députés de la majorité présents lors de la délibération.

Les députés de l’opposition, sous la conduite du président du groupe parlementaire liberté et démocratie, Me Madické Niang, avait décidé de boycotter la suite de la plénière, pour protester contre la décision de la majorité de faire voter sans débat ce projet de loi de réforme constitutionnelle.
 
"La démocratie sénégalaise est gravement atteinte. La majorité a décidé sans concertation d’adopter cette loi. Cette majorité vient d’accomplir un acte très grave", a estimé Me Madické Niang, avant de prendre date, assurant que le ’’combat’’ engagé par l’opposition contre cette réforme "ne fait que commencer’’.
 
De longues discussions de plus de 30 minutes n’ont pu permettre à la majorité et à l’opposition de s’accorder, suite à la proposition du député Moustapha Cissé Lô de voter ce texte sans débat, ce qui a amené les députés de l’opposition à boycotter la suite des débats.
 
L’opposition partie, la majorité a voté le texte sans sourciller, 120 voix, soit à l’unanimité des députés présents. 
 
Sur proposition du président du groupe parlementaire Bennoo Bokk Yaakaar (BBY) de la majorité, Aymérou Gningue, un amendement a été fixé, suivant lequel tout candidat à la présidentielle doit s’assurer le parrainage d’au moins 0,8 pour cent des inscrits sur le fichier électoral.
 
Le projet de loi, tel que présenté par le gouvernement, avait fixé ce seuil à 1 pour cent.
 
"Un acte grave vient d’être commis aujourd’hui. C’est la démocratie qui est piétinée. C’est un véritable recul démocratique. Nous allons nous concerter et informer le peuple qu’on nous a imposé un vote sans débat", a indiqué Me Madické Niang s’entretenant avec des journalistes.
 
Le président du groupe parlementaire libéral et démocratique a ajouté : "Nous avions fait jouer nos arguments, malheureusement, c’est une constitutionnelle, il n’y a pas possibilité de faire un recours. On est dans une situation où le recours est impossible", a-t-il souligné.
 
Il a toutefois ajouté que l’opposition va se concerter à nouveau sur la question pour voir la stratégie à adopter.
 
"Le Sénégal ne mérite ce qu’il a aujourd’hui. Je suis extrêmement outré par cette situation, cette décision de nous refuser le débat. Le minimum était que le débat soit ouvert", a pour sa part dit le député Déthié Fall du parti Rewmi de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck.
 
Il a qualité le texte voté de "loi dangereuse qui cherche à écarter de la course à la présidentielle de potentiels candidats".
 
"Mais le combat ne fait que commencer. Aujourd’hui, a poursuivi Déthié Fall, j’ai le cœur meurtri par le fait qu’on nous refuse le débat".
 
Il a en outre dénoncé l’arrestation dans la matinée du leader de son parti Idrissa Seck.
 
"L’heure est grave parce que vous avez, les échos de notre peuple qui est dehors. Nous sommes représentants du peuple, pourquoi, refuser au peuple ce débat", a de son côté lancé la députée Aïssata Tall Sall, à l’endroit de ses collègues de la majorité.
 
"Nous ne demandions pas l’annulation de ce projet, mais de le suspendre pour continuer la concertation. Nous devons être les grands hommes de ce peuple", a-t-elle conclu.
 
SG/BK