Mahamadou Makhtar Cissé au ministère du Pétrole, la sanction positive du bon management
APS
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Mahamadou Makhtar Cissé au ministère du Pétrole, la sanction positive du bon management

Dakar, 8 avr (APS) - Le nouveau ministre de l’Energie et du Pétrole, Mouhamadou Makhtar Cissé, qui a sorti la SENELEC des ténèbres selon la presse, fait un retour des plus indiqués au gouvernement, au sein duquel il est attendu pour appliquer au nouveau département dont il est désormais en charge les recettes qui lui ont permis de sortir de la crise la Société nationale d’électricité.

M. Cissé, ministre délégué chargé du Budget du gouvernement dirigé par Aminata Touré (septembre 2013-juillet 2014), réintègre le nouveau gouvernement formé dimanche pour piloter le département du Pétrole et des Energies. Un ministère dont l’importance se mesure aux enjeux financiers importants que devrait générer l’exploitation des premiers gisements découverts au Sénégal, certains spécialistes évoquant à terme des revenus de l’ordre plus de 16.000 milliards de francs CFA pour l’Etat du Sénégal.

Une manne financière vertigineuse dont l’utilisation à bon escient devait pouvoir permettre au pays de décoller, des enjeux tout aussi importants qui aiguisent les appétits et nourrissent tout autant la controverse sur la bonne gouvernance de ces ressources.

Rien qui puisse vraiment effrayer quelqu’un comme Mouhamadou Makhtar Cissé, qui a fait ses preuves dans le management d’une entreprise comme la SENELEC, moribonde et structurellement déficitaire lorsqu’il en prenait les rennes en juin 2015, pour la "sortir des ténèbres".

De fait, sous la direction de Mouhamadou Makhtar Cissé, envoyé en mission commando, la SENELEC dans une situation notoirement difficile sur le plan financier et celui de la production, au point qu’elle se débattait dans les délestages, est passée au vert moins de quatre années plus tard, pouvant même désormais compter sur un surplus de production.

Le nouveau ministre du Pétrole et des Energies, titulaire d’un DEA en finance et gestion publique, mais également d’une maîtrise en Sciences juridiques (option droit des affaires), a fait passer la production de la SENELEC à 1130 mégawatts, contre 687 mégawatts.

Une prouesse qui ne serait pas de trop pour cet inspecteur général d’Etat à la tête de son nouveau ministère, dont le côté humain du management vanté semble s’inspirer autant des ressources de la gestion moderne des hommes que de sa profonde connaissance de l’administration sénégalaise.

Il faut se rappeler que Mouhamadou Makhtar Cissé, enfant de troupes et douanier de formation, fut directeur général des douanes et directeur de cabinet du président de la République, des atouts qui peuvent compter au moment d’être appelé à la gestion d’un département en charge du Pétrole, ressource précieuse et bienfaitrice qui a fait ailleurs le malheur de certains pays africains, en les plongeant parfois dans des guerres fratricides au lieu de les sortir de l’ornière.

Des enjeux et questions intimement liés qui donnent toute leur légitimité à la présence de Mouhamadou Makhtar Cissé au sein de ce ministère voué à être surveillé de près par le chef de l’Etat himself, le background d’ingénieur pétrochimiste de Macky Sall devant être là plus qu’ailleurs très à propos.

De bonne augure pour tout dire, surtout que l’un fut le directeur de cabinet de l’autre dans un passé pas si lointain.

BK/SD