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SENEGAL-PRESIDENTIELLE-HOMMAGE

"Macky Sall a corrigé une injustice en baptisant le Building administratif du nom de Mamadou Dia’’ (responsable MSU)


Dakar, 19 fév (APS) - Le président Macky Sall, candidat à sa propre succession, a corrigé "une grande injustice" en baptisant le Building administratif rénové du nom du président du premier conseil de gouvernement du Sénégal, Mamadou Dia, estime Abdoul Malick Ba, secrétaire permanent du Mouvement du socialisme et de l’unité (MSU), formation politique du ’’Grand Maodo’’, rappelé à Dieu le 25 janvier 2009.

"Le président Sall nous a mis du baume au cœur et a ressuscité Dia et son héritage politique", a déclaré, sourire aux lèvres, le permanent du MSU, membre de la coalition Benno Bokk Yaakaar de la majorité, dont Macky Sall est le candidat.

"Dans les mosquées et dans les grand-places, c’est une immense joie, et comme il l’avait prédit, l’Histoire continue de lui donner raison", a insisté Abdoul Malick Ba, candidat aux élections législatives de 1983 auxquelles avait pris part le président Dia.
 
Après sa rénovation après plusieurs mois de travaux, le building administratif, siège des services du gouvernement, a été baptisé le 30 janvier dernier du nom de Mamadou Dia, président du Conseil du Sénégal de 1957 à décembre 1962.
 
Accusé de coup d’Etat en décembre 1962, il a été emprisonné et placé à l’isolement à Kédougou (sud-est), avant d’être élargi en 1974. 
 
Quelques années plus tard, il participait aux élections présidentielle et législatives de 1983, les premières dans un contexte de multipartisme intégral, sous la bannière du MDP (Mouvement pour la démocratie populaire), son parti alors soutenu par la Ligue démocratique/Mouvement pour la démocratie et le socialisme, une formation dirigée à l’époque par Babacar Sané.
 
A travers le building administratif, Macky Sall "a ressuscité" le grand Mawdo et a d’une certaine façon appelé la classe politique et la nouvelle génération à s’intéresser à celui qui était considéré comme un grand nationaliste, selon Abdoul Malick Bâ.
 
"Des gens ont voulu le diaboliser, en le présentant comme un dictateur, une personne opposée aux libertés, mais l’Histoire a démontré qu’il est resté ancré dans ses convictions de Sénégalais bon teint et combattant pour la dignité de son peuple et de ses populations", a ajouté le permanent du MSU, rappelant que Dia ne parlait jamais de politicien mais d’homme politique.
 
"A son avis, l’action politique est unique, il ne saurait y avoir de politique ici-bas qui n’aura pas de suite dans l’au-delà", a indiqué Abdoul Malick Bâ, rappelant que Mamadou Dia était "un socialiste authentique" qui prônait l’autogestion.
 
Abdoul Malick Ba se dit heureux de trouver des jeunes leaders faisant souvent référence au "Grand Mawdo", presque 10 ans après son décès en 2009.
 
"Roland Colin, son directeur de cabinet, disait avoir offert au président Sankara des réflexions de Dia sur les coopératives agricoles et les politiques publiques", a-t-il indiqué.
 
Mamadou Dia, natif de Khombole où il a vu le jour en 1910, était instituteur de formation. Il avait adhéré à la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière), avant de lancer avec le président Léopold Sédar Senghor, en 1949, le BDS (Bloc démocratique sénégalais).
 
Grand Conseiller de l’Afrique occidentale française (AOF) en 1948, Mamadou Dia devient sénateur du Sénégal puis député avec Senghor à l’Assemblée nationale française en 1956, où il a siégé au sein des indépendants d’Outre-mer.
 
 Il est devient vice-président du Conseil du gouvernement en mai 1957, avant d’en devenir le titulaire jusqu’en décembre 1962, quand il fut accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat alors qu’en tant que chef du gouvernement, il était la clef de voute du pouvoir dans un contexte de régime parlementaire.
 
Condamné "à la prison à perpétuité", il a purgé sa peine jusqu’en mars 1974 à la prison de Kédougou, avant d’être libéré puis gracié.

SD/BK/ASG