Le parrainage ’’est une bonne chose, un filtre
APS
SENEGAL-POLITIQUE

Le parrainage ’’est une bonne chose, un filtre", selon Aymérou Gningue

Dakar, 17 avr (APS) - Le parrainage électoral pour la présidentielle ’’est une bonne chose, un filtre’’ qui devrait contribuer à faire en sorte que le Sénégal demeure "une démocratie majeure’’, estime le président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (BBY, majorité), Aymérou Gningue.

"Il nous faut un filtre pour élire un président de la République. C’est une bonne chose pour que notre démocratie reste une démocratie majeure", a-t-il dit lors d’une conférence de presse, mardi, à Dakar.
 
Cette rencontre avec les journalistes intervient à deux jours de la plénière à l’occasion de laquelle l’Assemblée nationale sera appelée jeudi à examiner le projet de loi dont l’adoption introduirait le parrainage électoral.
 
Des partis de l’opposition et des segments de la société civile, se disant opposés à cette modification constitutionnelle induisant une modification du code électoral, promettent de se mobiliser à l’occasion pour barrer la voie à ce projet de loi.
 
Une plateforme a ainsi été lancée par 27 partis, mouvements, associations et organisations démocratiques et sociales, qui se disent décidés à faire barrage à ce qu’ils qualifient de "manipulations constitutionnelles et électorales".
 
Ils promettent, pour ce faire, un autre "23 juin", en référence à une date fondatrice du mouvement des "forces vives" de la nation dont la mobilisation avait empêché en 2011 le vote par l’Assemblée nationale de modifications constitutionnelles perçues par l’opinion comme relevant d’un processus de dévolution monarchique du pouvoir sous Abdoulaye Wade.
 
’’Le parrainage n’est pas nouveau. Il existe bel et bien dans notre Constitution depuis 1992. Il nous faut un filtre pour nous éviter une pléthore de candidats à l’élection présidentielle", a répliqué Ay mérou Gningue lors de son face-à-face avec les journalistes dans les locaux de l’Assemblée nationale.
 
"Je voudrais faire remarquer à tout le monde que le système du parrainage n’est pas nouveau au Sénégal, seulement jusque-là, il ne s’adressait qu’aux candidats indépendants", a insisté M. Gningue.
 
Il a ajouté : "On pensait qu’en augmentant la caution qui est passée de 6 millions CFA en 2000 à 65 millions CFA en 2012, on arriverait à limiter le nombre de candidats, mais cela n’a pas été le cas. Aujourd’hui, nous disons que ce parrainage est indispensable pour notre démocratie".
 
Il est revenu sur la réunion de la commission technique chargée lundi de l’examen de ce projet de loi, laquelle avait débuté selon lui "sereinement" ses travaux. "Je voudrais saluer la sérénité qui a prévalu lors de la réunion", a indiqué le président du groupe parlementaire BBY.
 
"Les députés, de tous bord, ont posé au ministre (de la Justice, Ismaïl Madior Fall) toutes les questions qu’ils voulaient avant d’adopter le projet de loi", a rapporté Aymérou Gningue.
 
L’Assemblée nationale n’est "pas en guerre", assure-t-il. "Nous sommes en paix (...), nous nous battons dans les idées, dans nos convictions, mais dans la civilité", a-t-il poursuivi.
 
SG/BK